Ancien pianiste, arrangeur et directeur artistique, Kouakou Georges dit KG a participé aux grandes heures du reggae ivoirien aux côtés d’Alpha Blondy. Installé aux États-Unis depuis 1991, il a arrêté les tournées, mais pas la musique. KG continue de produire des artistes et accompagne désormais son fils Kwessi pour la relève. Entre souvenirs et reconnaissance, l’homme se sent bien et béni. Il nous donne rendez-vous pour bientôt à bientôt à Abidjan.
La collaboration de Kouakou Georges avec Alpha Blondy commence en 1981 pour aboutir à la création du Solar System de la nouvelle star du reggae ivoirien. Georges considère cette période qui a duré une décennie comme celle où il a mis son talent au service de plusieurs artistes ivoiriens. Il cite naturellement Alpha Blondy avec le titre « Jérusalem », sorti en 1986 et gratifié du disque d’or en France en 1987. Également parmi ses productions les plus marquantes, il y a « Téridjougou » d’Ismaël Isaac, « Deni » d’Hamed Faras et « C’est pas dah ni blow » de Serge Kassy. C’est du Bob Marley à l’ivoirienne.
« J’ai tout mis en œuvre pour propulser Alpha »
Sur son implication dans l’ascension de l’icône du reggae ivoirien, Georges fait un récit personnel sur son don de soi et son savoir-faire : « Avec mon talent, j’ai tout mis en œuvre pour propulser Alpha vers la consécration ». KG évoque ensuite la disparition de son nom des productions sur lesquelles il a travaillé avec son ancien collaborateur. Une situation qui résulterait d’un malentendu entre les deux hommes. « J’ai pardonné tout cela depuis longtemps, il devrait faire pareil. La vie continue », dit-il à propos de son différend avec Alpha.
Des marques de reconnaissance qui ravivent les souvenirs
Cependant, son travail accompli au fil des années n’est pas passé inaperçu. Il a été reconnu et récompensé par les autorités ivoiriennes. En 2017, Kouakou Georges est fait Officier de l’Ordre du Mérite ivoirien. La même année, il reçoit une distinction du Burkina Faso : le Marley d’Honneur. Des reconnaissances qui l’ont particulièrement touché : « J’ignorais que mon travail était suivi par le public ». Des marques de reconnaissance qui ravivent les souvenirs d’une époque gardée en mémoire.
Une seconde vie américaine
L’installation de Kouakou Georges aux États-Unis, au début des années 1990, a ouvert un nouveau chapitre de sa carrière. Sa réputation d’arrangeur et de producteur acquise en Côte d’Ivoire lui permet de rejoindre le cercle du reggae international. Il travaille notamment avec King Yellowman, Burning Spear et The Wailers Band, qui lui confient la direction musicale du groupe. Il devient également chef d’orchestre auprès de Joseph Hill, puis le fils de ce dernier, Kenyatta Hill. C’est une seconde vie américaine bien entamée.
Aujourd’hui, malgré quelques soucis de santé, Georges Kouakou va bien. C’est pourquoi, il demeure reconnaissant à Dieu. Si le musicien aux multiples talents a rangé ses valises de tournées, il n’a pas quitté la musique. Toujours à la barre, il produit des artistes. Mieux, il a formé une pépite pour assurer la relève. C’est son fils Kwessi, un musicien et batteur qu’il présente avec fierté : « Très talentueux, il a toutes mes qualités. Il tourne avec de nombreux musiciens aux États-Unis. Vous entendrez parler de lui dans les jours à venir ».
Rendez-vous à Abidjan
S’il pouvait remonter le temps, il choisirait sans hésiter les années de tournées avec Alpha Blondy, en Europe et aux États-Unis. Mais le prochain rendez-vous sera bien réel : Kouakou est attendu à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le samedi 7 novembre 2026, pour le concert célébrant les 40 ans de carrières d’Ismaël Isaac dont il a accompagné les débuts de carrière. « Ça sera un immense honneur », dit-il, ému.
Au terme de ce parcours, entre reconnaissance, souvenirs et retrouvailles annoncées avec le public ivoirien, Kouakou Georges reste pourtant attaché à une forme de simplicité. Malgré les épreuves et les années qui passent, il résume son parcours sans prétention : « Même si je n'ai pas gagné d'argent pour tout ce que j'ai accompli dans le pays, je me sens béni ».
Mouhamed I. Koné





