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Internationale

Ebola en RDC : des fonds de sensibilisation au cœur d’une controverse entre députés

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Des fonds destinés à soutenir la sensibilisation des populations contre la maladie à virus Ebola se retrouvent au cœur d’une vive controverse, depuis plusieurs jours, impliquant des députés nationaux de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Haut-Uélé. Entre accusations de mauvaise gestion, demandes d’explications et appels à la transparence, plusieurs questions demeurent aujourd’hui sans réponse quant à l’utilisation de ces ressources.

Des centaines de milliers de dollars pour la sensibilisation

Selon les informations recueillies par Radio Okapi, des enveloppes financières ont été remises par le ministre de la Santé aux caucus des députés nationaux des provinces touchées par l’épidémie afin de renforcer la mobilisation communautaire et les actions de prévention.

Le caucus du Nord-Kivu aurait reçu 150 000 dollars américains, tout comme celui de l’Ituri, tandis que celui du Haut-Uélé aurait bénéficié de 50 000 dollars. L’objectif affiché était d’impliquer davantage les élus dans la riposte sanitaire grâce à leur proximité avec les communautés locales. Toutefois, la gestion de ces fonds fait aujourd’hui l’objet de contestations aussi bien au sein des caucus concernés que dans la société civile.

Des interrogations au Nord-Kivu

Au Nord-Kivu, plusieurs acteurs locaux demandent des éclaircissements sur les activités effectivement réalisées dans les zones de santé de Beni, Butembo et Lubero.

Le député national Elie Kambale a notamment interpellé le ministre de la Santé à l’Assemblée nationale afin d’obtenir un état des lieux des montants promis et décaissés, ainsi qu’un bilan des activités menées sur le terrain.

De son côté, la députée nationale Jeanine Kavira Katasohire, élue de Butembo, affirme avoir reçu 46 500 dollars pour financer des activités de sensibilisation dans sa circonscription.

Selon ses déclarations, une partie de cette somme, soit 9 300 dollars, a servi à l’acquisition de gels hydroalcooliques et de thermoflash destinés aux zones de santé de Katwa et de Butembo.

Elle évoque également la réalisation de neuf forages d’eau dans des écoles ainsi que des campagnes de sensibilisation communautaire et radiophonique.

Malgré ces explications, plusieurs observateurs continuent de s’interroger sur l’utilisation de l’ensemble de l’enveloppe allouée au caucus. S’exprimant le 8 octobre dans un entretien avec Radio Okapi, des acteurs de la société civile ont précisé que si les allégations de détournement de ces ressources se confirment, elles pourraient affecter les efforts de mobilisation communautaire engagés dans la lutte contre l’épidémie.

Ils estiment que les élus ayant bénéficié de ces moyens doivent rendre compte de leur utilisation, particulièrement dans un contexte marqué par les conséquences sanitaires et sociales de la maladie.

À Oïcha, l’acteur politique Emery Katavali appelle les députés concernés à s’expliquer sur l’utilisation de ces fonds :

En Ituri, des versions divergentes

En Ituri, certains députés indiquent avoir reçu leur part des fonds et mené des activités de sensibilisation, soit en présentiel, soit à distance.

L’un d’eux affirme toutefois ne pas connaître le montant total de l’enveloppe attribuée au caucus provincial, ce qui soulève des interrogations sur le niveau d’information partagé entre les bénéficiaires.

Des accusations explicites de détournement au Haut-Uélé

La polémique est particulièrement vive dans le Haut-Uélé. Le député national Joseph Bangakya Angaze accuse certains de ses collègues d’avoir détourné les fonds destinés à la sensibilisation contre Ebola et demande des explications sur leur gestion.

Ces accusations sont rejetées par le président du caucus du Haut-Uélé, Norbert Samaki. Selon lui, seuls six des onze députés composant le groupe se sont effectivement rendus sur le terrain pour participer aux activités de sensibilisation.

Il explique que les fonds auraient été répartis entre ces six élus, lesquels auraient ensuite reversé une partie des montants à leurs collègues absents de la mission. D’après lui, c’est cette répartition qui serait à l’origine des tensions actuelles.

Norbert Samaki appelle également les instances compétentes à examiner le dossier afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

L’Assemblée nationale se dit non concernée

Contacté sur la question par Radio Okapi, le bureau de l’Assemblée nationale estime ne pas être directement impliqué dans la gestion de ces fonds.

Selon cette institution, les sommes en question relèvent des échanges entre le ministère de la Santé et les caucus provinciaux, ces derniers étant considérés comme des structures informelles.

D’après les informations disponibles, le dossier aurait été transmis au comité des sages de l’Assemblée nationale, notamment en ce qui concerne les contestations enregistrées au Haut-Uélé.

Des zones d’ombre persistent

En l’absence d’une communication officielle du ministère de la Santé, plusieurs interrogations demeurent :

 Quels montants ont effectivement été versés aux différents bénéficiaires ?

 Quelles activités ont été réalisées sur le terrain ?

 Quels résultats ont été obtenus dans le cadre de la sensibilisation contre Ebola ?

 Quels justificatifs permettent de retracer l’utilisation de ces fonds ?

À ce stade, aucune instance compétente n’a établi de manière formelle les accusations de détournement évoquées par certains élus.

Mais alors que la lutte contre Ebola nécessite une forte mobilisation communautaire, de nombreux acteurs estiment qu’un bilan détaillé des fonds alloués, des dépenses engagées et des actions réalisées serait indispensable pour garantir la transparence et restaurer la confiance autour de cette initiative.

Radiookapi


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