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Politique

Côte d’Ivoire.Lutte contre la désinformation : Bakary Sanogo mise sur l’éducation et la formation

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À Abidjan, le président de l’Autorité nationale de la presse (ANP), Bakary Sanogo, a plaidé pour le renforcement de l’éducation aux médias et de la formation des professionnels de l’information et du grand public. Une approche qu’il juge essentielle pour contrer la désinformation et préserver la crédibilité de la presse en Côte d’Ivoire.

L’éducation et la formation apparaissent comme des leviers majeurs dans la lutte contre la désinformation. C’est le message porté par le président de l’Autorité nationale de la presse (ANP), Bakary Sanogo, le mardi 13 octobre à Abidjan, lors d’une table ronde consacrée aux « Manipulations et ingérences d’informations étrangères » et au renforcement de la concertation entre les acteurs engagés en faveur de la fiabilité de l’information en Côte d’Ivoire.

Organisée par la GIZ, avec l’appui du ministère de la Communication et le financement du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et de l’Union européenne, cette rencontre a permis de mettre en lumière les enjeux liés à la propagation des fausses informations et aux campagnes de manipulation de l’opinion.

Pour Bakary Sanogo, la formation des professionnels des médias, du grand public et de la société civile constitue une réponse fondamentale à ce phénomène. « Si les professionnels des médias, le grand public et la société civile sont bien formés, les opérations de désinformation vont s’effondrer d’elles-mêmes », a-t-il déclaré.

Le président de l’ANP a également insisté sur la nécessité de renforcer les échanges entre l’institution de régulation et les médias. Il a rappelé l’importance de disposer d’une presse responsable, crédible et fiable, capable de fournir aux populations des informations justes et utiles.

La désinformation, un enjeu de sécurité internationale

Le constat est également partagé par l’ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire, Matthias Veltin. Selon le diplomate, la désinformation ne relève plus uniquement des domaines technologique et informationnel, mais constitue désormais un enjeu de sécurité internationale.

Face à la complexité du phénomène, il a souligné la nécessité d’une réponse collective mobilisant les institutions publiques, les régulateurs, les médias, la société civile, les chercheurs, les acteurs technologiques et les partenaires internationaux.

Cette approche concertée apparaît d’autant plus importante que les campagnes de manipulation de l’information dépassent les frontières nationales et mobilisent des acteurs aux intérêts divers.

La Côte d’Ivoire face aux ingérences informationnelles

Pour sa part, l’ambassadeur de l’Union européenne en Côte d’Ivoire, Irchad Ramiandrasoa Razaaly, a relevé la position stratégique du pays dans l’espace informationnel régional et continental.

« La Côte d’Ivoire est un carrefour informationnel. Un pays qui compte, qui pèse et qui a de l’influence dans la sous-région et sur le continent », a-t-il affirmé, estimant que cette influence expose également le pays à des campagnes de désinformation liées à des enjeux géopolitiques.

Le diplomate a toutefois précisé que ces opérations ne proviennent pas exclusivement de l’étranger. Elles se développent aussi à travers des interactions entre des acteurs étrangers, des relais transnationaux et des amplificateurs locaux.

Pour y faire face durablement, il a préconisé davantage de transparence, de professionnalisme dans le traitement de l’information et de développement de l’esprit critique au sein de la population.

Le gouvernement mise sur la responsabilité numérique

Représentant le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, la directrice de cabinet adjointe, Gertrude Dammond, a, quant à elle, souligné les effets contrastés de la révolution numérique.

Si les plateformes numériques favorisent l’expression citoyenne et facilitent l’accès à l’information, elles constituent également des canaux de diffusion des fausses nouvelles susceptibles de fragiliser la cohésion sociale et les institutions.

Elle a ainsi appelé à une mobilisation collective pour renforcer les capacités de détection, de prévention et de lutte contre les manipulations de l’information.

Dans cette dynamique, le gouvernement ivoirien a engagé plusieurs actions de sensibilisation, notamment à travers l’initiative « En Ligne, Tous Responsables », un programme consacré à la citoyenneté numérique qui a déjà touché environ 60 000 personnes, selon les données communiquées lors de la rencontre.

Au-delà des dispositifs institutionnels, les échanges ont rappelé l’importance de la responsabilité individuelle et collective dans la diffusion de l’information. L’éducation aux médias, la vérification des faits et l’esprit critique demeurent ainsi des outils essentiels pour limiter la propagation des infox et consolider la confiance du public dans l’information.

S.T.

Infos : Anp

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