Alors que les travaux avancent, les usagers pensent déjà au coût du transport. Ils souhaitent que les tarifs qui seront fixés soient à leur portée.
Les riverains sont impatients de voir les travaux du Métro d’Abidjan achevés afin de faciliter leurs déplacements. C’est notamment le cas de ceux d’Anyama et d’Abobo qui travaillent dans la zone d’Abidjan Sud et sont contraints d’emprunter quotidiennement les moyens de transport traditionnels, dont les minicars communément appelés « gbaka ». Les nombreux embouteillages et les tracasseries routières pourraient n’être qu’un mauvais souvenir pour eux avec l’arrivée du métro.
Dans cette attente, certaines inquiétudes taraudent toutefois les esprits, notamment en ce qui concerne le prix du transport qui sera fixé, au regard de l’ampleur des travaux et des coûts engendrés par le projet. « C’est vrai qu’on va parler d’entretien et autres. Mais il faudrait que les tarifs fixés soient raisonnables », avait souhaité Sindou lors de notre premier reportage sur les travaux de la ligne 1 du Métro d’Abidjan.
Une commerçante, qui effectue régulièrement le trajet Abobo-Adjamé, exprime la même préoccupation. Elle souhaite que l’État fixe des tarifs sociaux accessibles au plus grand nombre, alors que la livraison de la ligne de métro est envisagée pour 2027.
Livraison prévue en 2027
Le Métro d’Abidjan dont la livraison de la ligne est prévue en principe pour l’année 2027, pourra transporter environ 500 000 personnes par jour. Le coût de sa construction est évalué à 1 166,43 milliards de francs CFA. Le projet est financé par le Trésor public et un pool bancaire français. La construction, initiée par l’État de Côte d’Ivoire, permettra de répondre aux besoins croissants en matière de transport urbain. La population d’Abidjan augmente rapidement et les moyens traditionnels de transport ne semblent plus suffire à satisfaire la demande.
La Société ivoirienne de Construction du Métro d’Abidjan (SICMA) indique que le projet vise à « améliorer la fluidité du trafic et la qualité de vie des habitants, en complément des services de transports existants ».
Diomandé Karamoko
ENCADRÉ
Ne pas confondre le Métro avec le Bus Rapid Transit (BRT)
Le métro est un train urbain composé de plusieurs wagons. Au moment où les travaux avancent, il importe d’établir la différence entre le métro et le Bus Rapid Transit (BRT), même si les deux projets poursuivent le même objectif : améliorer la fluidité du trafic en offrant aux populations des moyens modernes de transport.
La ligne 1 du Métro d’Anyama à Port Bouët
La ligne 1 du Métro d’Abidjan est une voie ferrée longue de 37,4 kilomètres. Elle partira de la commune d’Anyama, dans le Nord-Est du district d’Abidjan, pour rejoindre Port-Bouët, au Sud, en passant par les communes d’Abobo, Adjamé, Plateau, Treichville et Marcory. Sur ce trajet, une vingtaine d’ouvrages d’art ainsi qu’une vingtaine de stations sont en construction.
Le BRT ira de Yopougon à Bingerville
Le BRT reliera Yopougon à Bingerville, en passant par Attécoubé, Adjamé, le Plateau et Cocody. Il disposera de 21 stations, de deux dépôts et de 10 pôles d’échanges. Le nombre de passagers transportés quotidiennement est estimé à 500 000 personnes.
À la différence du métro, qui utilisera une voie ferrée reliant Anyama à Port-Bouët, le BRT fonctionnera avec des bus circulant sur des voies spécialement aménagées. En effet, le réseau BRT sera doté d’une flotte de bus électriques articulés et climatisés, d’une capacité de 150 passagers chacun. Les voies et les stations du BRT seront placées au centre du corridor et physiquement séparées du trafic ordinaire. L’objectif est de favoriser et de sécuriser l’embarquement et le débarquement des passagers.
D. K.





