La date de la rentrée scolaire, fixée au 14 septembre 2026, avance à grands pas. L’ambiance dans les marchés, avec des étals remplis de fournitures scolaires, ainsi que les opérations de grand ménage dans certaines écoles, permettent de se rendre compte de cette évidence. Mais les parents d’élèves, eux, traînent encore les pas quant à l’inscription de leurs enfants et à l’achat des fournitures scolaires.
Le lundi 31 août 2026, nous sommes à Abobo, commune située au nord d’Abidjan, dans les environs du marché en construction. Les vendeurs et vendeuses ont exposé leurs marchandises de fournitures scolaires. Cahiers, livres, stylos, crayons et autres articles jonchent les nombreux étals.
À Adjamé, le décor est quasiment identique. En plus des fournitures scolaires, ce sont des tissus kaki, bleu et blanc qui sont proposés à la clientèle. On y trouve également des robes d’écolières, des gourdes, des sacs pour la maternelle et bien d’autres effets scolaires. Les vendeurs vantent la qualité de leurs marchandises et multiplient les appels à la clientèle.
Chaque école s’apprête, à sa manière
Dans les établissements scolaires que nous avons visités, l’on sent également l’approche de la rentrée. Chaque école s’apprête, à sa manière, à accueillir parents d’élèves et élèves. Au collège Saint-Joseph d’Abobo, un bureau a été aménagé sous un hangar à l’entrée de l’établissement. Des éducateurs y sont chargés de recevoir les élèves et leurs parents pour les inscriptions.
À quelques encablures de là, non loin des locaux de la mairie, se trouve le collège Le Panorama. À l’entrée de l’établissement, ce sont les travaux de rénovation qui attirent notre attention. Maçons et autres ouvriers s’activent pour donner à l’établissement un visage plus reluisant. À l’intérieur, une salle de classe a été aménagée pour les inscriptions.
Au quartier « Sans Manquer », toujours dans la commune d’Abobo, le groupe scolaire Kennedy est également en rénovation. Les murs ont été repeints et d’autres travaux de maçonnerie sont en cours. Ces travaux doivent s’achever avant la rentrée scolaire du 14 septembre, afin que les élèves puissent étudier dans de bonnes conditions.
À Anyama, quelques établissements scolaires privés font également peau neuve à l’occasion de cette rentrée scolaire qui approche. Si les personnels administratifs sont à pieds d’œuvre pour le respect de la date officielle de la rentrée, de nombreux parents, eux semblent ne pas presser les pas pour l’inscription dans les établissements scolaires.
Les parents viennent au compte-goutte
« Monsieur le ministre a voulu qu’on fasse d’abord les inscriptions », confie à ce sujet Mme N’Guessan, directrice de l’EPP Kennedy 3. Nous l’avons trouvée assise devant le premier bâtiment à l’entrée du groupe scolaire Kennedy, attendant patiemment les parents d’élèves pour l’inscription de leurs enfants. « Ils viennent au compte-goutte », fait savoir la directrice.
Pourtant, le ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, M. N’Guessan Koffi, a pris les dispositions nécessaires pour que la rentrée scolaire se déroule dans de bonnes conditions avec 14 septembre 2026 doit marquer le début effectif des cours. Il l’a confirmé le 22 août 2026, lors de la cérémonie de clôture de la deuxième session de formation des enseignants contractuels au lycée technique et professionnel d’Ebimpé.
Certains parents semblent ne pas encore être habitués à cette nouvelle organisation. « C’est quand on dit que c’est la rentrée qu’ils viennent massivement inscrire leurs enfants », poursuit la directrice de l’EPP Kennedy 3.
Même son de cloche au collège Le Panorama d’Abobo, où nous avons été reçus par des éducatrices. « C’est timide pour le moment. Ils attendent le 14 septembre pour venir s’inscrire », fait entendre l’une d’elles.
Dans bien d’autres établissements que nous avons visités ce 31 août 2026, l’affluence reste faible. Diverses raisons dont le manque de moyens financiers expliquent cette situation selon les acteurs interrogés .
Le manque de moyens
« Je compte inscrire mes enfants à la fin de ce mois », confie un parent d’élève. Il a trois enfants à inscrire et doit également acheter leurs fournitures scolaires. Il est encore en train de réunir les fonds nécessaires. « Je suis à la recherche d’un autre établissement pour ma fille », explique Fatim. Elle n’est pas satisfaite des résultats scolaires de son enfant et souhaite donc lui trouver une meilleure école.
Pour beaucoup de parents, le retard dans l’inscription de leurs enfants s’explique principalement par le manque de moyens financiers qui se pose davantage avec le grand changement intervenu pour cette année scolaire au niveau des ouvrages au programme.
Trop de changements d’ouvrages scolaires
Chez les vendeurs d’ouvrages scolaires, les plaintes sont nombreuses. « Il y a trop de changements au niveau des ouvrages scolaires. Cette année encore, il y a eu des changements », déplore Youssouf.
Cette situation embarrasse les vendeurs. Les invendus de l’année dernière risquent de ne plus servir cette année. « C’est une perte pour nous. Je suis obligé d’attendre la liste des fournitures scolaires pour pouvoir m’approvisionner », explique le vendeur.
« Ce système nous fatigue également, surtout financièrement. Cela nous oblige à acheter des livres pour chacun de nos enfants à chaque rentrée scolaire. Les plus jeunes ne peuvent plus bénéficier des livres de leurs aînés », explique Emmanuel, que nous avons rencontré dans une librairie à Adjamé.
À une centaine de mètres de là, des vendeuses soulèvent une autre préoccupation. « Les enseignants sont devenus des vendeurs d’ouvrages scolaires. Ils imposent leurs livres aux élèves. Cela fait que ça ne marche plus chez nous », déplore l’une d’elles. Face à cette situation, les vendeuses disent être impuissantes.
Notons que le ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement technique vient de publier une liste de manuels scolaires et de supports didactiques retenus pour l’année scolaire 2026-2027. Cette liste concerne les élèves de la maternelle à la terminale. Enseignants et élèves doivent s’en tenir à ces ouvrages. Les parents d’élèves et les vendeurs de manuels scolaires, quant à eux, espèrent que cette liste sera reconduite pour l’année scolaire 2027-2028.
Diomandé Karamoko





