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Côte d’Ivoire - Orpaillage illégal : une quarantaine de clandestins interpellés et d’importants matériels détruits

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Une quarantaine d’orpailleurs clandestins ont été interpellés et d’importants lots de matériels ont été saisis et détruits lors de plusieurs opérations menées récemment par les forces de défense et de sécurité sur des sites d’orpaillage illégal à travers le pays. Ces interventions témoignent de l’ampleur du phénomène et de la détermination des autorités à lutter contre ce fléau aux conséquences environnementales et économiques préoccupantes.

Selon des notes de la Gendarmerie nationale, plusieurs opérations ont été menées ces derniers jours dans différentes localités du pays. Du lundi 17 au mercredi 19 août 2026, une opération conjointe menée par les éléments de l’Escadron de gendarmerie mobile de Dabakala et l’équipe nautique du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI) a ciblé des sites installés sur le fleuve Comoé, dans la sous-préfecture de Nassian. Cette opération d’envergure a permis de détruire 304 dragues, 572 concasseurs, 796 tapis de lavage, 385 bidons de 25 litres, 545 bassines et 361 tuyaux d’aspiration.

De nombreuses personnes interpellées

À Yaokro, dans le département d’Issia, 35 personnes ont été interpellées lors d’une opération de déguerpissement de sept sites d’orpaillage illégal menée le 19 août par l’Escadron de gendarmerie mobile de Daloa et la Brigade de Saïoua. Les forces de l’ordre ont également saisi et détruit d’importants équipements utilisés par les orpailleurs. Il s’agit notamment de 18 concasseurs, 31 motopompes, trois motos, 1 300 mètres de tuyaux de raccordement, six tapis de lavage et deux pirogues. Plusieurs abris de fortune ont également été détruits.

Dans le département d’Odienné, deux sites d’orpaillage illégal situés à Ziévasso ont été démantelés au cours d’une opération menée conjointement par les éléments de l’Escadron et de la Brigade d’Odienné. Cinq individus ont été interpellés et d’importants matériels appartenant aux exploitants clandestins ont été détruits.

Des opérations similaires ont par ailleurs été menées par les forces de l’ordre sur un affluent du fleuve Sassandra, à Soubré, dans le Sud-Ouest du pays. Du matériel utilisé pour les activités d’orpaillage clandestin y a également été saisi et détruit.

Un désastre écologique et économique

L’orpaillage clandestin a pris une ampleur préoccupante en Côte d’Ivoire. Très peu de régions semblent aujourd’hui épargnées par ce phénomène qui constitue une véritable menace pour l’environnement. La pratique entraîne notamment la destruction du couvert végétal, la dégradation des sols et la pollution des cours d’eau par les produits chimiques utilisés dans l’extraction de l’or. Elle contribue également à la dégradation des terres agricoles et à la destruction des écosystèmes.

Sur le plan économique, l’orpaillage illégal prive également l’État de revenus issus de l’exploitation légale des ressources minières et favorise le développement d’activités échappant au contrôle des pouvoirs publics.

Face à cette situation, le gouvernement a renforcé son dispositif de lutte. Parmi les mesures prises figure la création du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI), qui regroupe notamment des éléments de la Gendarmerie nationale et des agents des Eaux et Forêts.

Sur le plan judiciaire, les personnes interpellées peuvent être poursuivies et condamnées conformément aux textes en vigueur.

Lors de la réunion du Conseil national de sécurité (CNS) du 23 juillet 2026, le président de la République, Alassane Ouattara, a appelé les autorités administratives et traditionnelles ainsi que les Forces de défense et de sécurité (FDS) à s’impliquer davantage dans la lutte contre l’orpaillage illégal.

Jusqu’à 20 ans de prison pour un orpailleur clandestin

La lutte contre l’orpaillage illégal connaît également un volet judiciaire avec la condamnation de plusieurs personnes impliquées dans cette activité. Le 27 juillet 2026, le Pôle pénal économique et financier (PPEF) a condamné à trois mois de prison ferme huit mineurs de moins de 18 ans interpellés sur différents sites d’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire.

Quelques jours auparavant, le 20 juillet, Som Sansan, plus connu sous le sobriquet de « Capitaine Fourmi », avait été condamné à 20 ans de prison ferme par le Tribunal de première instance de Bouna. Il a été reconnu coupable d’introduction frauduleuse dans le Parc national de la Comoé, d’orpaillage clandestin, de détention illégale d’une arme à feu et de tentative de meurtre sur un agent de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR). Lors d’une opération de lutte contre l’orpaillage illégal menée dans le Parc national de la Comoé, l’intéressé avait ouvert le feu sur un élément des forces de l’ordre.

Ces différentes opérations et décisions de justice illustrent la volonté des autorités ivoiriennes de renforcer la lutte contre l’orpaillage clandestin, devenu à la fois une menace pour l’environnement, une source de tensions sociales et une perte importante pour l’économie nationale.

Diomandé Karamoko


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