Les Ivoiriens doivent désormais bannir de leur quotidien des comportements malsains, notamment uriner sur la voie publique, y déverser des ordures. Le gouvernement y veille actuellement à travers le ministère de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, afin de permettre aux populations de vivre dans un environnement sain.
A Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire, il n’est pas rare de voir des tas d’ordure joncher les rues. Les conduits d’eaux usées des ménages donnent directement sur les caniveaux. Les ménagères ne font plus d’efforts pour déposer leurs ordures dans les bacs à ordures. Les caniveaux sont devenus les endroits indiqués pour recevoir ces déchets ménagers. L’on n’hésite pas à déverser les eaux usées dans la rue, sur le bitume qui finit par se dégrader. Des individus se soulagent dans des coins de rue. On imagine ce que cela représente comme gène et souillure pour l’environnement immédiat. L’incivisme a gagné du terrain. Cela a amené le gouvernement à agir.
Convocations, verbalisations
Ces derniers jours, des contrôles sont fréquents pour mettre fin à cet incivisme de la part de certaines personnes. Plusieurs personnes faisant pipi aux bords des voies publiques ont été circonscrites et verbalisées par des agents des forces de l’ordre membres de la brigade de l'hydraulique, de l'assainissement et de la salubrité (BHAS).
Alors qu’ils transportaient du sable et du gravier, les conducteurs de deux camions déversaient des débris de leur chargement sur le bitume au niveau de la voie de contournement Y4 à Cocody et dans le secteur de N’dotré dans la commune d’Abobo. Ils ont été interpellés et verbalisés par la BHAS.
Des saisies de matériels ont été effectuées sur un chantier de construction à Yopougon Ananeraie. La chaussée avait été obstruée par des dépôts sauvages de gravats et de décombres par les ouvriers dudit chantier.
A Cocody Palmeraie, le responsable d'un chantier de construction a été convoqué le 10 août 2026 pour atteinte à la salubrité publique. Les agents de la BHAS avaient constaté que des équipements d’évacuation d’eaux usées avaient été raccordés directement au réseau public de drainage.
Les cas de nuisances sonores comme constatés à la Riviera 4 dans la commune de Cocody le 14 août 2026 sont également sanctionnés. Un riverain exacerbé par les vacarmes assourdissant que produit un établissement de loisirs et de gastronomie, a saisi la BHAS. Le propriétaire du lieu a été convoqué. Il risque de lourdes sanctions pouvant aller jusqu’à la fermeture de son établissement.
Une préoccupation au sommet de l’Etat
Les entreprises chargées d’enlever les ordures doivent également tenir leur promesse. L’on se rappelle encore, en mai 2026, les rues d’Abidjan étaient jonchées d’ordures. L’on avait constaté des dépotoirs géants de déchets, des décharges à ciel ouvert en pleine ville. Le ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité Amédé Koffi Kouakou a dû, au cours d’une réunion tenue le 1er juin 2026 avec les différents acteurs du secteur, donner un ultimatum de 72 heures aux entreprises pour débarrasser la ville de ses ordures.
Le Premier ministre Robert Beugré Mambé a tenu une réunion d’urgence sur la question le 2 juin 2026. Lors du Conseil des ministres du 3 juin 2026, le Président Alassane Ouattara a donné des instructions pour que tous les dysfonctionnements qui ont conduit à cette situation soient corrigés. « Le chef de l’État, qui suit personnellement l’évolution de la situation, a ainsi instruit le Premier ministre Robert Beugré Mambé de lui transmettre des rapports réguliers sur l’état d’avancement des mesures engagées », a informé le ministre Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement lors du point de presse qu’il a animé à la suite du Conseil. C’est dire que la question de l’environnement est primordiale et préoccupe jusqu’au sommet de l’Etat.
Diomandé Karamoko





