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Pluies diluviennes et inondations - El Niño frappe l’Afrique de l’Ouest : (2/2) - les récoltes menacées

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Image d'illustration. Des habitants se déplacent à travers une rue inondée, transportant leurs effets personnels.

Dans l'Océan Pacifique, normalement, des vents d'est appelés alizés poussent l'eau chaude de surface vers l'Indonésie, pendant que des eaux plus froides remontent près des côtes d'Amérique du Sud. Pendant le phénomène appelé El Niño, ces vents faiblissent : l'eau chaude reste au centre de l'océan au lieu de se déplacer, ce qui réchauffe toute la zone et dérègle la météo à l'échelle mondiale.

Ce réchauffement se mesure avec un indicateur appelé Niño 3.4, une sorte de thermomètre océanique calculé sur une zone précise du Pacifique. Mi-juin 2026, il affichait +1,7 °C au-dessus de la normale, selon l'Institut international de recherche sur le climat et la société (IRI), un niveau correspondant à un El Niño d'intensité moyenne, encore en train de se renforcer. Les derniers modèles prévoient un réchauffement supérieur à 2,5 °C entre août et septembre, un seuil qui classerait l'épisode parmi les plus puissants jamais mesurés, aux côtés de ceux de 1997-1998 et 2015-2016.

Un épisode El Niño dure généralement de neuf à douze mois. Il atteint son intensité maximale en fin d'année boréale, c'est-à-dire vers décembre, le mois où l'hiver commence dans l'hémisphère Nord, période de référence utilisée par les climatologues du monde entier, y compris pour les pays de l'hémisphère Sud.

Au Sahel et en Afrique de l'Ouest, cet épisode ne se traduit pas par un scénario unique : le Centre climatique régional AGRHYMET évoque des excédents pluviométriques possibles dans certaines zones et des déficits dans d'autres, ce qui explique en partie pourquoi les 88 morts déjà recensés se répartissent de façon aussi inégale entre pays voisins.

Au-delà de la météo, l'épisode inquiète aussi les marchés agricoles mondiaux. Il survient en pleine campagne de céréales et d'oléagineux, où sécheresses dans certaines régions et pluies excessives dans d'autres peuvent faire varier les récoltes, et donc les prix.

Doutchin Diarra

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