Des sacs de sable retiennent l'eau de pluie devant les cours du sous-quartier Blankro 1, à N'Dotré (Abobo), où les canalisations complémentaires promises après le passage du Projet d'assainissement et de résilience urbaine (PARU) restent attendues. Le pont et le canal principal livrés par le PARU ont réduit les inondations sur les grands axes, mais les ruelles internes, restées sans bitumage ni regards d'évacuation, continuent de se remplir à chaque forte pluie. Selon les témoignages recueillis sur place, certaines familles des zones basses devront encore composer avec ces difficultés cette saison.
À l'entrée du sous-quartier, les barrières de sacs s'alignent devant les cours basses. Les regards d'évacuation installés sur les grandes voies, encore couverts de plaques métalliques rouillées, débordent par endroits faute de raccordement avec les ruelles internes. Dès qu'un nuage noir s'annonce, les familles ressortent pelles et bidons pour évacuer l'eau qui s'infiltre malgré les remblais.
« Avant les travaux du pont, on quittait carrément la maison à chaque grosse pluie. Aujourd'hui, on reste, mais on doit sortir l'eau nous-mêmes dans la cour », témoigne Affoussiata Kamara., habitante de Blankro 1 depuis huit ans.
Son voisin confirme l'amélioration, sans la juger suffisante. « Le pont et le canal ont changé beaucoup de choses pour la circulation. Mais nos petites rues, derrière, n'ont reçu aucun aménagement. Il n'y a même pas un regard pour faire descendre l'eau », relève Yacouba Traoré commerçant du quartier.
Sans le moindre caniveau
Le PARU a concentré ses interventions sur les grands axes et bassins versants de N'Dotré, avec la construction d'un réseau de drainage de 7 759 mètres linéaires de canaux et 13 ouvrages de franchissement, pour un coût total de 8,8 milliards de francs CFA entre 2022 et 2024. Les ruelles internes de Blankro 1 n'ont bénéficié d'aucune extension de canalisation ni de bitumage, selon des riverains interrogés.
« On a vu les engins, les ouvriers, pendant des mois. Le pont est là, le grand canal aussi, avec ses grilles et ses regards. Mais notre ruelle reste en terre, sans le moindre caniveau. Chaque pluie, c'est la même bataille », explique Marie-Ange Débré, mère de famille.
Pour Soualio Ouattara, enseignant résidant dans une zone basse du sous-quartier, la vigilance reste de mise. « On n'a plus peur de partir comme avant. Mais avec les pluies qui reviennent souvent, certaines familles plus en bas vont encore avoir des difficultés cette saison. »
« On souhaite que les autorités reviennent finir le travail sur nos rues »
Les habitants réclament l'achèvement des travaux annexes : bitumage et canalisations sur les rues internes restées sans suite après l'intervention du PARU. « On souhaite que les autorités reviennent finir le travail sur nos rues, comme elles l'ont fait pour le grand pont. Ce n'est pas normal qu'on soit encore à moitié protégés », plaide Sylvain Kouakou, mécanicien installé à Blankro 1. Comme lui, plusieurs riverains interrogés disent ignorer tout calendrier pour ces travaux complémentaires, faute d'information officielle communiquée sur place. Aucune date n'est pour l'instant annoncée pour cette phase à Blankro 1. Selon une source proche du dossier, ayant requis l'anonymat, le blocage administratif à l'origine de ce retard serait toutefois en voie d'être levé. En attendant, on continue de compter sur les sacs de sable.
Doutchin Diarra
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