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Politique

Libre opinion : Tout pouvoir doit être arrêté par un autre

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Monsieur le président de la République, le Sénégal est à l’heure actuelle à la croisée des chemins. Il traverse une situation économique, sociale et politique cruciale et critique sous votre responsabilité. Autrement dit, c’est une lourde charge qui exige de votre part une vigilance accrue, une lecture attentive et lucide. Comme l’on dit, une personne avertie en vaut deux. Et vous l’êtes par des compatriotes avisés et au faîte des questions juridiques, notamment constitutionnelles et institutionnelles. Ces alertes par devoir patriotique vous invitent à une lecture objective de la situation concrète du pays. Mais surtout des modifications et propositions de loi intempestives, entreprises par Pastef à l’Assemblée nationale. Cette Assemblée que Pastef contrôle à travers sa majorité absolue totalement à sa cause vise à vous déstabiliser. En fait, Pastef trame un coup d’État constitutionnel avec l’Assemblée nationale, comme bras armé. Et en vue d’une révision de la constitution de manière frauduleuse. Il n’est nullement besoin de vous le dire le vœu ardent de Pastef, c’est votre échec. Mais aussi que le Sénégal s’enlise davantage dans des difficultés. Le Pastef ne vit que pour les intérêts de Sonko et se moque éperdument du Sénégal. Et cela se révèle chaque jour plus clair avec des preuves palpables. Oui, monsieur le président de la République, cessez maintenant de vous voiler la face. Car entre vous et le Pastef, la rupture est définitive et la contradiction est devenue antagonique. L’objectif caché de Pastef, c’est de vous embarquer dans un imbroglio qui enfoncerait davantage le Sénégal dans des difficultés inextricables, donc vers l’échec. Et, l’agenda 2050, le fameux Projet et le Pres ne sont que des vessies que Pastef nous présente pour des lanternes. Le Sénégal est loin d’être sur les rampes du développement économique et social dont rêve son peuple. Car, tous les programmes de Pastef pour le Sénégal ne sont que du mirage. Prenez entièrement vos responsabilités et gérez ce pays sans se baser sur tout ce qui touche Pastef, car leur souhait le plus ardent, c’est de vous voir échouer avant même 2029 si possible.

Mais le Conseil constitutionnel qui rend son verdict, en se déclarant inapte sur le recours, relatif à l’intégration ou à la réintégration de Sonko, comme député, est comme si. Et, cette position du CC fait sauter le fusible de protection de la constitution et ouvre grandement la porte aux abus de la majorité à l’Assemblée nationale. Mais qui aurait donc, cette compétence ? Si le Conseil constitutionnel juge attitré de la Constitution, ne plus s’opposer, aux actes qui transgressent la Loi fondamentale. Généralement, dans les cas de vide juridique, ce qui semble le cas ici, le CC se prévaut de créer une jurisprudence pour une solution d’attente avant la loi spécifique. Si le CC ne peut plus, avec sa place centrale pour le fonctionnement correct de la constitution, connaître de tout ce qui se rapporte et viole la Constitution, qui donc doit le faire à sa place ?

Mais pourquoi dans ses considérants, le CC a oublié d’invoquer l’article 54 de la constitution qui traite des cas d’incompatibilités ? Pourquoi cet article n’a-t-il pas attiré, le moins du monde, l’attention du CC ?

Admettons que la majorité à l’Assemblée nationale, dans leur dynamique et ambition folle de faire, à tout prix, d’Ousmane Sonko, le président de la République. À cet effet, ils peuvent décider donc de modifier le règlement intérieur à leur convenance à la faveur de leur majorité mécanique ; déposer une proposition de loi qui stipule que le Parlement pourrait destituer le président de la République. Une telle loi, en procédure d’urgence, passerait comme lettre à la poste, selon leur mode opératoire de forcing. Cela, après l’avoir dépouillé des principales prérogatives que lui a conférées la constitution actuelle. Et ce n’est pas tout, puisque le CC se déclare incompétent pour intervenir dans le fonctionnement du RIAN, même si ce dernier était en contradiction flagrante avec certaines dispositions des lois organiques et la Constitution. Pastef pourrait donc, par des acrobaties de modifications et propositions de loi, transformer la Constitution de type présidentiel en régime parlementaire. Pastef opère de cette manière pour contourner le référendum obligatoire, comme le stipule la loi dans les cas de modifications fondamentales de la constitution qui exige l’approbation du peuple. Pastef utilise l’Assemblée nationale actuelle, une représentation nationale en miniature, à la place du peuple pour modifier à sa guise, comme bon lui semble au cours de leur législature face à un CC peu regardant et incompétent.

Mandiaye Gaye


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