Il s’efface de plus en plus de la conscience collective, le préjugé selon lequel tout ce qui vient de la Chine est de qualité douteuse. C’est que le pays de l’ empire du milieu, n’est plus au stade de la reproduction balbutiante et imparfaite des produits manufacturés occidentaux. L’imitation servile et la mauvaise manipulation des technologies industrielles européennes, à ne pas confondre avec la contrefaçon. Autant dire que depuis les débuts de la démaoïsation, qui n’est autre que la rupture d’avec le système politique révolutionnaire de son leader Mao Tsé-toung , amorcée en 1976, la Chine s’est résolument engagée dans un vaste processus transformationnel tous azimuts, qui n’a laissé indifférente aucune nation de ce monde. Un processus incarnant la manifestation de cette « prédiction » du Français Alain Peyrefitte, qui avait si bien titré son essai paru en 1973, sur les potentialités de ce pays et l’importance de ses acquis socio économiques de base en ces termes : « Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera »
Vaste marché économique porteur, de plus de 1 milliard 400 millions de consommateurs, elle s’est très rapidement ouverte aux partenariats divers avec le reste du monde. En témoignent les contrats en joints ventures passés par plusieurs grandes compagnies européennes, françaises notamment, aussi bien avec les autorités chinoises, que les hommes d’affaires chinois, déjà au cours des années 1980.
C’est donc une bien noble Initiative prise par le ministère ivoirien du Tourisme et des Loisirs, de se lancer à la conquête des touristes chinois. Et le salon ITB Shanghai 2026, organisé par la Chine, aura été la rampe toute indiquée pour cela. Seul pays africain à y être, la destination Côte d’Ivoire semble avoir été bien vendue. A travers la présentation de ses curiosités culturelles, artistiques variées, son patrimoine culinaire sans oublier ses potentialités économiques et les multiples opportunités d’investissement que celles-ci offrent dorénavant. Plus d’une centaine de promoteurs touristique chinois ont ainsi accordé de l’intérêt à ce qui leur a été dit et présenté sur la Côte d’Ivoire. Et cela, assorti de rencontres B to B pour passer des accords gagnants-gagnants, ont rapporté différents médias. C’est aussi là, le reflet de l’excellence de la coopération ivoiro chinoise, ainsi que la symbolique forte de l’importance du multilatéralisme auquel la Côte d’Ivoire tient plus que jamais. Les touristes chinois se situent désormais, au nombre des plus grands visiteurs des pays de l’ Union européenne, avec en prime la France . Ce qui est révélateur de la croissance du niveau de vie de la population chinoise.
La République populaire de Chine s’impose à ce jour comme une nation avec laquelle il faut nécessairement compter. Voire obligatoirement dans nombre de domaines. Devenue la deuxième puissance économique du monde, derrière les États-Unis, en un peu moins d’un demi siècle seulement après son adhésion au libéralisme économique, la Chine est aujourd’hui une nation porteuse d’espérance en affaires. Voilà, une réalité que n’ignorent certainement pas les promoteurs de la « Sublime Côte d’Ivoire »non plus. Comme bien d’autres opérateurs économiques ivoiriens avant eux, ils ont pour ainsi dire, eu le même flair. En effet, ils sont légion à ce jour, les Ivoiriens et Ivoiriennes qui se sont lancés à la conquête du marché chinois, où certains gagnent déjà bien leur vie. Et cela, à travers divers services qu’ils proposent. D’autres, notamment des commerçants s’y rendent régulièrement ; pour s’approvisionner en marchandises diverses, susceptibles d’être revendues à des coûts qui restent à la portée de nombre d’Ivoiriens. Plus encore, le Mandarin, principale langue de communication en Chine, est de plus en plus apprise sur les bords de la lagune Ébrié, par les jeunes ivoiriens, des étudiants notamment ; désireux surtout de se former à la maîtrise des technologies chinoises. Tout comme de jeunes Ivoiriens aussi enseigneraient actuellement le français en Chine. Quoi de plus réaliste donc, que de s’intéresser dans tous les domaines, à la Chine d’aujourd’hui. Ce pays, creuset de compétences et de savoirs faire multiples et multiformes , qui ne cesse d’avancer, admirablement. Quand on sait qu’il n’est plus ce géant asiatique, jadis isolé du fait des choix portant sur les modes de gouvernance de ces premiers leaders politiques. Et surtout cette société recroquevillée sur une civilisation contre laquelle , nous avons pendant longtemps nourrit et entretenu, des clichés et préjugés sociaux divers. Toute chose qui relevait du regard critique malveillant que l’occident lui portait, dans sa propension à toujours déconsidérer, toutes les valeurs politiques et sociétales ; ne prenant pas racine dans le socle de la civilisation gréco romaine et la tradition médiévale.
Des préjugés littéralement battus en brèche à ce jour, par les prouesses économiques et technologiques de la Chine. Le ministère ivoirien du Tourisme et des Loisirs est donc en droit d’aller à la conquête des touristes chinois. Et d’attendre en contrepartie, l’arrivée de milliers d’entre eux sur ses sites et dans ses foyers culturels. Souhaitons vivement qu’il en soit ainsi.
Moussa Ben Touré





