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À l’UJIF, une assemblée générale sous tension évite de justesse la scission

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Samedi 2 mai 2026, l’AGECA, salle associative du 11e arrondissement parisien, a abrité une assemblée générale extraordinaire et élective de l’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) sous haute tension. Huit heures de débats, une modification in extremis de l’ordre du jour, et finalement un sursis. L’élection du futur président a été reportée au 16 mai prochain, après que l’assemblée a choisi, à quatorze voix contre cinq, la voie du compromis.

Fondée en 2007 par des journalistes ivoiriens, correspondants de presse des médias de leur pays d’origine (la Côte d’Ivoire) et résidant en France, l’UJIF se veut un lieu de solidarité, d’échange d’informations et de professionnalisation du journalisme. Mais depuis plusieurs années, l’association traverse une grave crise statutaire, doublée récemment d’une guerre de légitimité entre deux comités ad hoc rivaux. Le bureau sortant, présidé par Jean-Paul Oro, avait même organisé une assemblée générale une semaine plus tôt, aboutissant à la désignation d’un comité concurrent, présidé par Georges Bobia et ayant pour porte-parole Linda De Lindsay.

« Je fais le choix de l’union »

C’est dans ce climat délétère que la séance du 2 mai s’ouvre, vers 10 heures. Conformément au procès-verbal consulté par L’Afrique Aujourd’hui, les travaux sont d’abord lancés par Faustin Dali, président d’un des comités ad hoc, assisté de Jean-Luc Moro, secrétaire général. Mais très vite, la main est passée à deux figures historiques de l’association. Clément Yao, membre fondateur et premier président de l’UJIF, et Victor Achy, également membre fondateur. Désignés respectivement président et secrétaire de séance par un vote à main levée, les deux hommes annoncent une modification de l’ordre du jour.

« Je ne serai pas celui qui contribuera à la division de notre association, je fais le choix de l’union », déclare solennellement Clément Yao, avant de laisser la parole aux membres du bureau sortant et aux autres confrères, venus exprimer une « doléance ». Le secrétaire de séance, Victor Achy, enchaîne, il demande instamment le report de l’élection présidentielle, afin de « lever tous les obstacles à l’unité ».

Le spectre de la scission

L’heure est grave. L’association a frôlé l’implosion, comme en témoigne l’existence de deux comités ad hoc se disputant la légitimité. Chacun revendique l’héritage de l’UJIF. Pendant les débats, Jean-Paul Oro, président sortant, prend la parole. Il ne se contente pas d’un appel à l’union. Il rappelle longuement les péripéties qui ont précédé la création de l’association, le 16 septembre 2007, comme pour réaffirmer une histoire commune contre les tentations centrifuges.

À son tour, Georges Bobia, le président du comité concurrent, plaide pour un report. Linda De Lindsay, porte-parole dudit comité, propose la mise en place d’une instance unifiée, chargée d’organiser une nouvelle assemblée. L’idée fait son chemin.

Un vote, puis un calendrier

La question est mise aux voix : maintien ou report de la désignation du futur président ? Le scrutin à main levée donne 14 voix pour le report, 5 contre. C’est adopté.

Reste à fixer la nouvelle date. Deux options s’affrontent. La première, tenir l’assemblée générale élective le 16 mai 2026, avec adoption des textes statutaires par visioconférence une semaine avant. La seconde, adopter les textes le 16 mai mais reporter l’élection à la fin mai, voire début juin. Nouveau vote : 15 voix pour la première option, 5 pour la seconde, 2 abstentions. Le samedi 16 mai est donc choisi.

Un comité ad hoc consensuel

Dernier acte de cette longue journée, la mise en place d’une gouvernance transitoire. L’assemblée désigne un comité ad hoc unifié, consensuel. Les deux présidents des anciens comités rivaux sont reconduits. Faustin Dali prend la présidence, Georges Bobia la vice-présidence. Leur mission, organiser l’échéance du 16 mai et veiller à la tenue effective d’une assemblée générale extraordinaire réellement élective.

À l’issue de la séance, vers 18 heures, le secrétaire de séance, Victor Achy, a dressé un procès-verbal qui sera soumis à l’approbation de l’assemblée. « L’ensemble des participants, en qualité de futurs membres de l’UJIF renouvelée, est appelé à œuvrer activement au renforcement de cette union retrouvée », peut-on lire dans le document.

L’union retrouvée ?

Le mot est peut-être un peu fort. Car si le report de l’élection et la mise en place d’un comité unifié apaisent les tensions immédiates, rien ne dit que les vieilles blessures ne se rouvriront pas d’ici au 16 mai. Les cinq voix qui ont voté contre le report – soit près de 30 % des suffrages exprimés – montrent que la défiance reste vivace. Quant à l’adoption des textes par visioconférence une semaine avant l’assemblée, elle suppose une confiance numérique et statutaire que la crise récente n’a pas exactement renforcée.

L’UJIF, comme nombre d’associations de la diaspora ivoirienne en France, oscille entre mémoire fondatrice et renouvellement générationnel. Samedi 2 mai, elle a choisi le sursis plutôt que la rupture. Reste à savoir si, le 16 mai, les journalistes et communicants ivoiriens vivant dans l’Hexagone écriront enfin la page de l’union – ou s’ils ne feront que tourner celle du conflit.

Lafriqueaujourdhui.


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