Le front social est bien calme en Côte d’Ivoire. Et cela ne saurait résulter d’un pure hasard. Non, loin s’en faut. Il y a eu avant tout, cette noble et géniale initiative d’Alassane Ouattara, de réparer les criantes et révoltantes injustices sociales, qui avaient pendant longtemps frappé les travailleurs de ce pays, à travers le blocage de leurs avancements et de leurs salaires. Ce fut donc un signal fort, mieux, une preuve de la détermination du pouvoir en place, d’imprimer une nouvelle forme de gestion à ce pays, se voulant plus rationnelle et profitable à tous. Mais, avec cette incontournable conditionnalité, de privilégier l’existence et le maintien permanent de l’ordre, la confiance, le calme, l’ardeur au travail bien fait. Des valeurs pour le règne et l’observance desquelles, pouvoirs publics et syndicats des travailleurs se sont engagés, à améliorer continuellement les conditions de travail par l’entremise de cette disposition originale baptisée : « la trêve sociale ». Littéralement opposée à cette pratique primaire du syndicalisme, brandissant toujours dans un barbarisme innommable, l’étendard de la révolte à la moindre revendication. On aura finalement bien compris a ce jour que, nombre de ces comportements étaient directement générés par ce sordide amalgame, que des syndicalistes faisaient entre la conquête du pouvoir et les revendications syndicales au profit des travailleurs. Des politicards revêtus d’oripeaux de syndicalistes, assumant assez mal un rôle d’une hybridité qui s’est au final avérée, plus malfaisante pour tous ceux qui les ont adulés et suivis.
Le temps est depuis plusieurs années maintenant à la trêve sociale. Une plate forme de rencontres et d’échanges politiques et sociales, qui n’altère en rien les qualités des deux parties et encore moins, n’affaiblit ou n’amadoue nullement l’une ou l’ autre. Les résultats sont là, tangibles, constatables et constatés par tous.
Si le front social national est paisible, ce n’est par ce qu’il n’y a rien à plaindre. Les centrales syndicales l’ont démontré le 1er mai 2026 à la Primature avec leurs cahiers de doléances, toujours plus étoffés, consistants et justifiés. Mais en y mettant toute la manière requise, pour un pays démocratique ; qui aspire surtout à aller toujours plus haut, dans l’ordre et la discipline, au grand profit de ses populations. Le Premier ministre mesurant toute la justesse de leurs revendications, les a rassurés des dispositions prévues par le Plan national de développement ( PND) 2026-2030, pour leur donner satisfaction.
Pour autant, au regard de l’évolution de moins en moins rassurante des réalités économiques du moment à l’échelle mondiale , l’on ne peut s’empêcher d’avoir quelques inquiétudes. Surtout qu’au nombre des revendications faites, figure toujours la demande adressée aux pouvoirs publics, de consentir encore plus d’efforts, pour mieux contenir les conséquences de la cherté de la vie, toujours aussi fortement ressenties par nombre de travailleurs. C’est que cette cherté de la vie, faut il le rappeler, est de plus en plus le fait de facteurs exogènes. Ce qui éprouve et réduit toujours l’efficacité des mesures nationales prises pour en atténuer, voire annihiler la portée des conséquences sociales sur les ménages.
Dans le même temps, quand on sait que la tenue des promesses de quelque nature qu’elles soient, est une constante des gouvernants actuels, les syndicalistes et partant les travailleurs, ne peuvent qu’espérer . Et surtout œuvrer chacun à son poste, pour contribuer au succès de ce quatrième PND ; par lequel les tenants du pouvoir ambitionnent de hisser la Cote d’Ivoire, au rang des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, d’ici à 2030.
Moussa Ben Touré





