Alors que des médias réputés proches du pouvoir à Libreville ont relayé ces derniers jours l’information selon laquelle Ali Bongo Ondimba aurait obtenu un passeport diplomatique depuis le 1er avril 2026, à la suite du fils de l’ex-président sur le réseau social X, ce mardi 28 avril sur Facebook, l’opposant Ali Akbar Onanga Y’Obegue dément formellement et dénonce une «manipulation». En toile de fond, le silence des autorités alimente les interrogations sur la véracité du document diffusé et sur le traitement réservé à l’ex-chef de l’État.
Un démenti catégorique face à une information largement relayée ces derniers jours. L’ancien ministre et opposant Ali Akbar Onanga Y’Obegue a fermement contesté, ce mardi 28 avril, l’information selon laquelle Ali Bongo Ondimba aurait reçu un passeport diplomatique en tant qu’ancien chef d’État.
Dans une publication détaillée faisant suite au démenti de Noureddin Bongo Valentin sur le réseaux social X, la veille, il affirme s’exprimer «de source directe», indiquant être actuellement aux côtés de l’ex-président en France. Il assure que ce dernier n’a reçu aucun document de ce type, contredisant ainsi des publications massivement diffusées sur les réseaux sociaux et reprises par certains médias proches du pouvoir.
Ces contenus, parfois accompagnés d’une image présentée comme celle du passeport diplomatique, ont contribué à accréditer l’idée d’une régularisation administrative, voire d’un geste d’apaisement politique des autorités de Libreville.
Une polémique amplifiée par l’absence de réaction officielle
Malgré l’ampleur prise par l’affaire, aucune communication officielle n’a été faite à ce stade par les autorités de Libreville. Ni le gouvernement ni les institutions compétentes – notamment la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI) – n’ont confirmé ou infirmé l’authenticité du document en circulation.
Ce silence contraste avec la viralité de l’information, d’autant que plusieurs plateformes réputées proches du palais présidentiel ont contribué à sa diffusion, renforçant sa crédibilité auprès de l’opinion publique.
Pour Ali Akbar Onanga Y’Obegue, cette absence de réaction pose question : elle pourrait relever soit d’une stratégie de communication indirecte, soit d’un défaut d’intervention face à une désinformation qu’il qualifie de «manifeste».
Un «faux document» et des accusations de violations juridiques
Dans son argumentaire, l’opposant évoque la possibilité d’un «faux grossier», dénonçant la diffusion non autorisée de données personnelles de l’ancien président. Il estime que cette situation pourrait constituer plusieurs infractions, notamment au regard des textes gabonais sur la protection des données et la régulation des contenus numériques.
Il s’interroge en particulier sur l’inaction des autorités de régulation et de la justice, alors même que les dispositifs légaux récents prévoient des mécanismes de retrait rapide des contenus jugés illicites.
Au-delà de la polémique sur le document, Ali Akbar Onanga Y’Obegue remet en cause le traitement global réservé à Ali Bongo Ondimba depuis son départ du pouvoir en août 2023.
Il affirme que l’ancien président aurait quitté le Gabon avec un simple passeport ordinaire, et non diplomatique, ce qu’il considère comme une entorse aux dispositions encadrant le statut des anciens chefs d’État.
Selon lui, cette situation s’inscrit dans une série de mesures qu’il juge contraires aux droits attachés à cette fonction, évoquant notamment des restrictions administratives et financières.
Une affaire révélatrice d’enjeux politiques plus larges
Cette controverse intervient alors que, aux dernières nouvelles, l’ancien président gabonais se trouve toujours à Paris, où il est bloqué depuis le début de l’année 2026 pour des raisons administratives.
Installé avenue Foch, il ne peut rejoindre sa résidence de Londres en raison de complications liées aux règles post-Brexit. Son autorisation de séjour au Royaume-Uni ayant expiré, il doit désormais obtenir un nouveau visa ou une autorisation électronique de voyage. Son épouse, Sylvia Bongo Ondimba, se trouve quant à elle à Londres, également confrontée à des contraintes administratives similaires.
Pour autant, Ali Akbar Onanga Y’Obegue pense que la controverse autour du passeport diplomatique dépasse la simple question administrative. Il y voit un révélateur du rapport des autorités actuelles au statut des anciens dirigeants et, plus largement, de l’état de droit au Gabon.
En l’absence de clarification officielle, la diffusion d’informations contradictoires continue d’alimenter les spéculations, dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions depuis la transition ouverte en 2023.
Griffin Ondo Nzuey





