Souvenons-nous du temps où Laurent Gbagbo était au pouvoir. Il y avait des barrages policiers à tous les coins de rue, aux entrées et sorties des deux ponts de la ville d’Abidjan, de toutes nos villes, partout. C’est à cette époque que fut inventée cette expression de « corridor » pour désigner les barrages policiers aux entrées et sorties des villes. Impossible de circuler sur quelques centaines de mètres en voiture sans se faire contrôler par des policiers et sans se faire racketter. Je me souviens avoir pris en 2003 un car pour me rendre au Ghana. C’est plus de vingt contrôles de police que nous avions subis avant d’arriver à la frontière ghanéenne.
Le temps de Laurent Gbagbo, c’était aussi celui où les ordures s’entassaient partout dans les rues d’Abidjan, celui des déchets toxiques du Probo Koala et de la décharge d’Akouédo qui empoisonnait la vie des populations de ce quartier. Laurent Gbagbo lui-même reconnut en 2010, lors de la campagne présidentielle, que la ville d’Abidjan était sale, sans pour autant proposer de solutions à son assainissement. A cette époque, la Côte d’Ivoire n’attirait absolument personne. Ni touriste, ni investisseur étranger.
En 2011, Alassane Ouattara accéda aux commandes de la Côte d’Ivoire. Les rues furent nettoyées, les policiers quittèrent les rues, les « corridors ». On nettoya aussi les quartiers chauds de leurs perversions, et en quelques mois, l’indice de l’insécurité baissa, faisant de notre pays l’un de ceux où l’on était le plus en sécurité. Comme quoi on n’avait pas besoin de déployer les forces de l’ordre à tous les coins de rue pour assurer la sécurité des populations. La décharge d’Akouédo est devenue aujourd’hui un jardin botanique qui donne un second souffle au quartier, grâce au génie de l’architecte Pierre Fakhoury. Le climat des affaires s’était aussi concomitamment considérablement amélioré. Notre pays était redevenu attractif, comme en témoignaient toutes les institutions financières internationales. Aujourd’hui, personne, de bonne foi ne peut nier qu’avec Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire a fait vraiment des bonds de géants.
Il y a quelques jours, un de mes vieux amis français qui vit ici depuis des années et entendait bien finir ses jours dans ce pays qu’il avait appris à aimer m’a dit qu’il se préparait pour rentrer dans son pays natal. Non pas par nostalgie, mais simplement parce qu’il en avait assez de se faire contrôler par la police dès qu’il mettait le nez dehors dans sa voiture : « je ne peux pas aller faire une course sans me faire contrôler au moins trois fois. Bien que je sois en règle, ils trouveront toujours le moyen de me racketter à chaque fois. Même lorsque je décide de me déplacer en Yango, ils me contrôleront quand même. J’en ai assez. J’ai l’impression qu’être Blanc est devenu un délit dans ce pays. » J’ai tenté d’expliquer à mon ami que les Blancs ne sont pas les seuls à subir les contrôles intempestifs des policiers, que nous les subissons autant qu’eux. Oui, les policiers sont à nouveau « versés » partout dans la ville d’Abidjan, à tous les carrefours, dans toutes les rues, partout dans le pays, ils ont recréé les « corridors » aux entrées de toutes les villes, sur les pistes qui conduisent à tous les villages. Et c’est le racket à tout va. Apparemment les conducteurs de véhicules sont les plus dangereux des délinquants de ce pays qu’il faut traquer partout. Messieurs les responsables de la police, je voudrais savoir : il faut vraiment tous ces barrages de policiers pour assurer la sécurité dans notre pays ? Comment avait-on alors fait pour faire baisser l’indice d’insécurité dans les premières années du règne de M. Ouattara, où nous pouvions circuler librement ? Pourquoi donc a-t-on installé toutes ces caméras qui traquent les mauvais conducteurs ?
Et que dire de l’insalubrité ? Dans tous les quartiers d’Abidjan, même les plus chics, dans toutes nos villes, nos villages, ce sont des tas d’ordures, des sachets et bouteilles plastiques qui s’amoncellent partout. Mais enfin ! Quel genre de peuple sommes-nous donc devenus ? Avons-nous fait tous ces pas de géants avec Alassane Ouattara pour revenir en arrière à cause de notre impéritie généralisée ? Avons-nous un problème avec la propreté ? Peut-être que la majorité des Ivoiriens se disent : « un peu ou beaucoup de saleté, ça fait quoi même ? Comment peut-on avoir toutes ces infrastructures, toutes ces universités, ces centres de santé, tout ce qu’Alassane Ouattara nous a apporté et vivre au milieu des ordures ? Ou bien attendons-nous du Président de la République qu’il vienne lui-même nettoyer nos rues ? Honnêtement j’ai honte. On voudrait rendre notre pays repoussant, non attractif, que l’on ne s’y prendrait pas autrement.
Venance Konan





