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Internationale

Instagram et YouTube condamnés à verser 6 millions de dollars à une Américaine

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«Ça va donner le ton pour la suite, c’est sûr», affirme un expert.

Instragam et Youtube ont été jugés mercredi lourdement responsables de problèmes de santé mentale d’une adolescente américaine, une décision historique, selon des experts, qui pourrait créer un précédent.

« Le fait d’avoir de la jurisprudence qui commence à se construire et qui démontre que même si tu es une entreprise privée, tu ne peux pas faire ce que tu veux quand ça l’a un impact potentiel sur la santé mentale, ça va donner le ton pour la suite c’est sûr », affirme Alexandre Hudon, professeur au département de psychiatrie et d’addictologie à l’Université de Montréal.

Pour l’avocat Allen Mendelsohn, spécialiste sur les questions de droit sur l’Internet et chargé de cours à la Faculté de droit de l’Université McGill, cette décision « crée un précédent ». Toutefois, « pour parler d’un précédent juridique il faut vraiment attendre que la décision du jury soit confirmée par une cour d’appel », nuance-t-il.

Meta et Google ont déjà annoncé faire appel de la décision.

Le jury d’un tribunal civil de Los Angeles a condamné les deux plateformes à verser 6 millions de dollars de dommages et intérêts, dont 3 millions à titre punitif, à une adolescente de 20 ans. Cette Californienne de 20 ans, Kaley G.M., les a accusés d’avoir alimenté sa dépression et ses idées suicidaires à l’adolescence en la rendant accro, après sa découverte de YouTube à 6 ans et son inscription en cachette sur Instagram à 9 ans.

Des dizaines d’autres dossiers doivent suivre dans les mois qui viennent. L’industrie est poursuivie aux États-Unis par des milliers de familles et de districts scolaires qui accusent les réseaux sociaux d’être responsables d’une épidémie de troubles mentaux dans la jeunesse.


Responsabilité des plateformes

« On a toujours pensé que c’était très difficile de poursuivre des plateformes », dit Me Mendelsohn, évoquant la section 230 du Communications Decency Act, aux États-Unis. Décrétée en 1996, « c’est une règle de base qui dit que les plateformes ne sont pas responsables et ne peuvent pas être tenues responsables pour tous les contenus [publiés par les internautes] », explique l’expert en droit de l’Internet.

« Maintenant, on trouve une manière de la contourner », dit-il, puisque la décision d’aujourd’hui ne concerne pas les contenus en tant que tels, mais plutôt les algorithmes.

M. Hudon rappelle que les effets des réseaux sociaux sur la santé mentale, particulièrement chez les jeunes, sont largement documentés. « C’est quand même très rapporté dans la littérature qu’il y a une augmentation des symptômes d’anxiété et de dépression en lien avec la validation externe, avec la comparaison sociale, l’exposition à certains standards », affirme-t-il.

« On sait que les algorithmes renforcent les systèmes de dopamine au niveau du cerveau, donc qu’il y a une dépendance qui s’installe », ajoute le professeur.

Lors du procès, les avocats de YouTube et d’Instagram ont tenté de convaincre que ces plateformes ne cherchaient plus à maximiser le temps passé par leurs utilisateurs en ligne, contrairement à leurs débuts.

Balises à fixer

Dans un court terme, cette décision ne va rien changer sur les pratiques et politiques des plateformes de Google et Meta. « Ça prendrait encore et encore des décisions comme celles-ci contre les plateformes, à mon avis, avant qu’il n’y ait vraiment des changements dans leurs pratiques en général », affirme Me Mendelsohn. « Ça pourrait pousser les plateformes à réfléchir, mais ça va prendre beaucoup de temps. »

Même son de cloche pour M. Hudon. Toutefois, il est persuadé « qu’on va s’aligner pour quelque chose qui a un potentiel d’être positif pour la santé mentale des gens ».

Ce dernier espère que les plateformes finiront par mettre en place des « balises » pour limiter les impacts sur la santé mentale des utilisateurs, tels que l’affichage du nombre d’heures passées sur l’application ou encore un message de prévention sur les effets potentiels et le type de contenu diffusé.

« Si on passe trop de temps ou si on engage avec le système, ça devrait être rendu explicite à l’utilisateur pour qu’au moins il le fasse en connaissance de cause », insiste M. Hudon.

Mardi, la veille de cette décision majeure, un tribunal civil de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, a déclaré Meta responsable d’avoir mis en danger des utilisateurs mineurs de ses plateformes et a condamné le géant américain à verser 375 millions de dollars de dommages et intérêts.

’Agence France-Presse.


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