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Abidjan. Vendeurs ambulants dans la circulation : (2/2)- Une activité illégale mais rentable (reportage)

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Le petit commerce d’un peu de tout, pratiqué au quotidien sur les artères les plus fréquentées d’Abidjan semble rentable. En effet, contrairement à ce qu’on pourrait croire en les regardant au passage, ces vendeurs se font de bonnes recettes. Leurs clients sont les chauffeurs de véhicules personnels et les taxis intercommunaux appelés communément wôrôwôrô, ainsi que ceux des minibus gbaka et leurs passagers. Ils profitent de l’arrêt au feu pour acheter un sachet d’eau à 50 francs CFA ou autre chose. « Ces vendeurs nous arrangent. Ils sont rapides. On n’a pas besoin de descendre », admet un chauffeur.

Parmi ces chauffeurs, rares sont ceux qui dénoncent cette situation. Beaucoup ferment les yeux sur l’illégalité de l’activité et sur l’âge des vendeurs qui sont parfois des mineurs. « On sait que c’est interdit et c’est dangereux. Mais chacun cherche sa vie. Moi, quand j’ai soif, j’achète tranquillement mon eau. Le reste, ce n’est pas trop mon problème », explique Dao Issa, un chauffeur de camion de transport.

Derrière cette illégalité, il y a un commerce rentable. Un pack d’eau de 30 sachets est vendu par les grossistes à 500 FCFA aux revendeurs. Ces derniers livrent en détail le sachet à 50 francs et gagnent 1 500 francs par pack.vendu. Soit un bénéfice de 1 000 FCFA. En multipliant les ventes dans la journée, certains peuvent se faire un petit revenu quotidien non négligeable .« Si je vends trois packs, j’ai 3 000 francs. Il fait chaud actuellement, ça marche. Si tu es courageux, avec 10 packs tu auras 10 000 francs », explique un vendeur.

Le feu, une opportunité commerciale

Tout porte à croire que la majorité d’entre eux est venue ici momentanément, avec pour objectif principal de s’assurer une stabilité financière pour eux-mêmes et leurs familles. « Ce que je gagne ici, c’est pour subvenir aux besoins de ma famille. J’étais cordonnier. Comme ça ne marche pas, je suis venu m’essayer dans la vente d’eau. Si vous me trouvez un autre travail, je le prendrai », me dit Malik Yalcoué, un quinquagénaire qui voit une lueur d’espoir d’obtenir un emploi suite à notre échange. Il n’y a pas longtemps qu’il travaille au feu à coté de ces jeunes à la recherche d’un mieux-être.

Pour survivre chaque jour, les uns et les autres s’exposent à des risques d’accidents, de poursuites policières, de confiscation de leurs marchandises et d’amendes administratives. Au carrefour, le feu rouge devient à la fois une opportunité commerciale et un lieu dangereux. Tandis que la circulation reprend sa routine, les vendeurs d’eau glacée se faufilent entre les véhicules, avancent avec prudence entre nécessité économique et violation d’une interdiction légale.

Mouhamed I. Koné


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