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Abidjan. Vendeurs ambulants dans la circulation : (1/2)- En danger entre les voitures (reportage)

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Sur certaines voies passantes d’Abidjan, lorsque le feu passe au rouge, des jeunes filles et garçons, contre toute attente, se faufilent entre les files de voitures pour vendre aux automobilistes des sachets et bouteilles d’eau glacée, des chips de banane plantain, des mandarines et clémentines, des paquets de biscuits, des arachides en bouteilles ou en sachets, des noix de petite cola, des amandes de cajou, des ustensiles de cuisine, etc. Pourtant, le commerce ambulant sur la voie publique est interdit.

Aux feux tricolores, ces jeunes ont le bras chargé de marchandises qu’ils proposent aux clients. Rapidement, ils donnent de l’eau, encaissent l’argent et disparaissent en quelques secondes avant que le feu ne vire au vert. Puis, la circulation reprend comme si de rien n’était. Dès que le feu redevient rouge, ils réapparaissent. C’est ainsi pour toute une journée sous un soleil ardent. Pour ces jeunes, parfois des mineurs, la rue est devenue un véritable lieu de travail. Afin de mieux comprendre leurs conditions d’exercice, nous nous sommes fait passer pour un ex-vigile sans emploi qui est intéressé par cette activité. Pour ne pas qu’ils doutent de notre couverture, nous n'avons pas demandé leur identité.

Le dimanche 15 février 2026, au carrefour Gelti de Koumassi, nous nous approchons d’eux. Après une hésitation, l’un d’entre eux, gagné par la confiance se livre à nous et révèle : « si vous voulez vendre de l’eau, sachez qu’on vient ici tous les jours ». L’autre, un peu plus âgé précise : « vous devez venir tôt et prendre votre position sur l’une des artères de votre choix ». A les écouter, leur accent indique qu’ils sont des ressortissants d’un pays limitrophe de la sous-région. Ils me préviennent que je devrais être courageux pour sillonner d’autres carrefours et braver la chaleur et surtout la peur de se faire renverser par une voiture ou d’être arrêté par la police.

« Tu dois être prêt à courir »

Des patrouilles de police traquent régulièrement ces jeunes commerçants exerçant illégalement sur la voie publique. Quand elles viennent, c’est la débandade. Tous fuient en courant. « Tu dois être prêt à courir si les Gômon viennent. (Ndlr : Gômon, un mot nouchi, argot ivoirien signifiant forces de l’ordre). On nous chasse souvent. S’ils t’attrapent, ils t’emmènent avec ta marchandise au poste », racontent-ils. L’un affirme avoir déjà payé 20 000 F CFA pour se libérer après une interpellation.

Du côté des forces de l’ordre, on comprend qu’il s’agit de la sécurité. Les carrefours sont des zones accidentogènes. « On travaille sur la route. C’est dangereux avec les voitures. On doit faire attention. Mais si une voiture te percute, tu ne pourras pas te plaindre, car on ne doit pas être ici. Mais, on n’a pas le choix, on vient se débrouiller », relate une jeune vendeuse .

Mouhamed I. Koné


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