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Côte d’Ivoire.L’UNJCI à la croisée des chemins : tous coupables !

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Depuis quelques jours, un spectacle indigne de journalistes ivoiriens fait le tour des réseaux sociaux. La raison ? Une affaire d'élection à la tête du Conseil exécutif de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI).

D’un côté, Franck Ettien et ses partisans, et de l’autre, Marie-Laure N’goran soutenue par les siens. Les deux camps se "battent pour un siège", pour emprunter et paraphraser le dramaturge Hyacinthe Kacou.

Oui ! Les journalistes ivoiriens ne "se chamaillent pas pour un siège", contrairement aux acteurs de ladite pièce. Eux, se battent au sens propre du terme.

Cette situation ne devrait pas étonner parce que tout le monde est coupable.

Nous sommes tous coupables de n’avoir pas voulu nous intéresser, pour la grande majorité, à notre faitière et de l’avoir laissée aux mains de certains d'entre nous qui se croient plus investis et ont le flair de détecter les personnes à même de diriger notre institution.

Oui, nous sommes tous coupables d’avoir laissé l’UNJCI aux mains de confrères qui en ont fait un gîte.

Nous sommes tous coupables de notre désintérêt. Car nombre d’entre nous n’avaient cure de cette institution ni de ce qui s’y passait. Si bien que, minoritaires, d'autres se sont crus plus méritants et sachant, et se sont accaparé cet instrument en se disant aptes à détecter les meilleurs profils à chaque élection, après s’être sucrés à l'ombre des bureaux sortants.

Nous sommes tous coupables, nouveaux comme anciens, de n’avoir pas accordé d’importance ni jeté un coup d’œil sur ce qui se passait au sein de notre faîtière.

Nous payons tous le prix aujourd’hui pour avoir abandonné l’UNJCI, pendant des décennies, aux mains des mêmes qui font et défont les présidents.

Nous sommes tous coupables de n’avoir pas été vigilants et d’avoir, à certains égards, abandonné les candidats aux mains des diseurs d’avenir, qu'ils militent ou pas au sein de notre organisation.

Aujourd’hui, ils chantent les éloges d'un candidat comme ils l'ont fait hier et lâché par la suite un autre.

Demain, ils entonneront le son des failles qu'ils lui découvriront. Comme le chante Alpha Blondy dans son album «Politiqui : Obifê bi, otifê sini

Obi tano bi, obi djanva sini

Vive le président

A bas le président

Vive le général

A bas le général

Obê yé bôla môgôh kélé néda

Obê yé bôla tché kélé néda ».

Face à la situation qui prévaut et ternit l’image des hommes et femmes du 4e pouvoir en Côte d’Ivoire, une prise de responsabilité s’impose.

Il devient urgent que chaque journaliste se réapproprie l’UNJCI, non pas comme un espace de luttes d’influence de mentors tapis dans l'ombre ou de vaches à lait de quelques copains, mais comme un cadre de promotion et de restauration de l'image de profession.

Cette crise profonde qui couvait depuis plusieurs années est une occasion pour l'ensemble des journalistes professionnels, en nos rangs, grades et qualités de remettre les pendules à l'heure.


Elisabeth Goli






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