Nnenna Nwakanma, une professionnelle du numérique et du droit est une grande passionnée de football résidant en Côte d’Ivoire. Elle a été présente à plusieurs compétitions de football dont la dernière est la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 au Maroc. En aficionada incontestable, Nnenna Nwakanma nous fait vivre un tour d’Afrique et du monde de ses sensations et analyses footballistiques.
Lebanco.net :Vous étiez au Maroc pour la CAN 2025. A votre avis, quels ont été les tops et les flops de cette compétition ?
Les tops : il y a les infrastructures sportives des neuf stades ultramodernes, le transport, les réceptifs hôteliers et la digitalisation pour l’achat des tickets de match. Cependant, ce qu’il faut améliorer, c’est l’ambiance dans les stades et la mobilisation pour les matchs en dehors de ceux de l’équipe marocaine. Il faut également améliorer l’application pour les demandes de visa en ligne. Ce qui a terni l’image de cette CAN, c’est de voir des gens fumer dans les stades, projeter des lasers sur les adversaires sans oublier l’histoire des serviettes (*).
En termes de performances des équipes, j’ai beaucoup aimé le Nigéria, le Mali, la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud. L’Ouganda et la Tanzanie, prochains pays hôtes, doivent faire mieux.
Sur l’arbitrage : il n’a pas été catastrophique dans l’ensemble, je pense. L’arbitre est humain, il faut respecter sa décision.
En termes d’organisation et infrastructures sportives, on a tendance à comparer la CAN Maroc 2025 et la CAN Côte d’Ivoire 2023. Qu'en dites-vous ?
Chaque pays est unique. En termes de moyens de transport, d’hébergement et d’infrastructures sportives à l’image d’une Coupe du Monde, le Maroc est en avance. Dans l’ambiance et la mobilisation, c’est la Côte d’Ivoire.
Depuis 2010, vous êtes présente à toutes les éditions de la Coupe du Monde de football. Vous étiez également à la CAN de 2000, de 2023 et de 2025. D'où est née votre passion pour ces compétitions internationales ?
Il n’est pas aisé de dire où a débuté une passion qui est la somme de nombreuses expériences. Pour moi, aimer le sport, c’est aimer l’Autre. J’aime le football parce qu’il incarne des valeurs comme la discipline et le respect.
Cette passion nécessite des moyens et de nombreuses périodes d'absence. Comment conciliez-vous cela avec vos activités professionnelles ?
Je peux travailler à distance. Cela ne dérange pas mes employeurs. Quand on fait bien son travail, l’employeur trouvera son compte dans notre passion. C’est vrai qu’il faut des moyens, mais je prends mes dispositions à l’avance. C’est une question d’organisation et de planification.
Comment appréciez-vous les différentes compétitions auxquelles vous avez assisté ?
A la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud, j’ai vu la diversité et la résilience d’un peuple. Au Brésil 2014, on a vu un mini-continent de brassage culturel où le football est une religion. En Russie 2018, j’ai vu les valeurs familiales respectées, loin des préjugés non fondés. Au Qatar 2022, j’ai été émerveillée par le niveau de développement économique et les infrastructures sportives. Idem pour le Maroc où j’au vu la bonne gouvernance. Quand je vais quelque part, en plus des compétitions, j’observe les peuples et leurs cultures.
La Côte d'Ivoire participera au Mondial 2026, en juin, aux États-Unis d'Amérique. Après trois participations (2006, 2010, 2014), elle n'est jamais parvenue à sortir des phases de poule. Quelles sont vos suggestions pour que les Éléphants fassent mieux cette année ?
Faisons attention à nos adversaires : l’Allemagne, l’Equateur et le Curaçao. Il faut éloigner la politique du football et éviter de faire les choses à la dernière minute. On a confiance en notre entraîneur, Emerse Faé. Laissons-le travailler tranquillement pour sélectionner les joueurs compétents. Les joueurs eux aussi doivent être disciplinés et garder leur dignité même en cas de défaite.
Un mot sur l'avenir du football en Afrique notamment sur le passage probable de la CAN de 2 à 4 ans à partir de 2028.
Désormais, la CAN aura lieu tous les 4 ans. Il y aura la Ligue des Nations chaque année dans les régions africaines de football pour que les équipes gardent la forme. La CAN tous les deux ans, c’est compliqué financièrement. Après avoir vu le niveau de la CAN au Maroc, il faut se réveiller tôt pour réussir l’organisation.
Entretien réalisé par Mouhamed I. Koné
(*) L'histoire des serviettes fait allusion à des incidents provoqués par des ramasseurs de balle marocains qui emportaient les serviettes utilisées par les gardiens de but de certaines équipes pour essuyer leurs gants.






