Jesse Jackson, militant de longue date pour les droits civiques aux Etats-Unis, est décédé mardi à l'âge de 84 ans, a annoncé sa famille.
Il était une voix qui comptait. Le révérend Jesse Jackson, militant de longue date pour les droits civiques, pasteur baptiste et candidat à la présidence à deux reprises, est mort mardi à 84 ans, « paisiblement », entouré de ses proches. Sa famille a annoncé la nouvelle dans un communiqué : « Notre père était un leader au service des autres, non seulement de notre famille, mais aussi des opprimés, des sans-voix et des oubliés du monde entier. Nous l’avons partagé avec le monde, et en retour, le monde est devenu une partie de notre famille élargie. Sa foi inébranlable en la justice, l’égalité et l’amour a inspiré des millions de personnes, et nous vous demandons d’honorer sa mémoire en poursuivant le combat pour les valeurs qui ont guidé sa vie. »
Si les causes de son décès n’ont pas été dévoilées, les médias américains rappellent que le vieil homme avait été admis à l’hôpital en novembre et vivait depuis plus de dix ans avec une paralysie supranucléaire progressive, qui affecte la capacité des patients à marcher et à avaler et peut entraîner des complications dangereuses. Il avait par ailleurs révélé être atteint de la maladie de Parkinson en 2017.
Un long combat pour l’égalité
Tout au long de sa vie, Jesse Jackson s’est battu contre les inégalités raciales aux États-Unis. Ancien collaborateur de Martin Luther King, le révérend avait été, en 1984, le premier candidat noir à briguer l’investiture démocrate. Quatre ans plus tard, il avait perdu de peu face à Michael Dukakis.
En 2008, interrogé par Paris Match, il avait réagi à la victoire de Barack Obama, reflet de ses années de combats pour les droits civiques. « C’est l’aboutissement de nos luttes pour transformer l’Amérique. Martin Luther King disait que notre mission était de ranimer l’âme de l’Amérique », confiait-il. « L’élection de Barack Obama signifie la fin des barrières, et pas seulement pour les Noirs. Elle veut dire aussi que rien ne peut plus empêcher une femme d’être présidente, ou un Latino. Cette élection enlève à jamais le mur cynique des limites », poursuivait-il.
Il n’imaginait pas qu’il vivrait ensuite sous l’Amérique de Donald Trump. Dès 2019, il avait ainsi déclaré à AP : « La stratégie de Trump est flagrante. Elle n’est pas subtile », dénonçant les sorties de l’actuel président des États-Unis. Fidèle à ses combats et à son histoire, il avait toutefois continué à appeler à la résistance pacifique refusant de se laisser entraîner dans des échanges d’insultes avec Donald Trump ou qui que ce soit d’autre, convaincu que le maintien d’une conduite irréprochable est essentiel au progrès. « La loi du talion ne fait qu’aveugler les deux camps », avait affirmé le pasteur.
Récompensé pour son travail
Né à Greenville, en Caroline du Sud, État marqué par la ségrégation, d'une mère adolescente, Jesse Jackson s’était fait connaître durant la lutte pour les droits civiques, participant à des manifestations aux côtés de Martin Luther King Jr. Son militantisme s’est ensuite étendu sur plusieurs décennies. Après sa première candidature à l’investiture démocrate, il avait déclaré au « New York Times » : « Le simple fait d’être noir et d’obliger les autres candidats à prendre en compte son potentiel bien réel pour recueillir les votes des Noirs, dont ils ont besoin, a eu un impact ».
S’il n’avait pas remporté la primaire, il avait gagné dans quelques états. « J’ai joué mon rôle et, même si ce fut très dur, nous n’avons vu que des victoires. C’est un long marathon de cinquante-quatre ans que nous avons vécu. Et Barack Obama a couru la dernière partie, la plus magnifique », avait-il commenté auprès de Paris Match en 2008.
Le Dr Martin Luther King Jr., figure emblématique de la lutte pour les droits civiques, à droite, et son assistant, le révérend Jesse Jackson, sont photographiés à Chicago le 19 août 1966.
Après l'assassinat de Martin Luther King en 1968, il était st devenu l'un des leaders des droits civiques les plus influents d'Amérique, malgré certains collaborateurs qui le jugeaient trop impertinent. Mais sa Rainbow Coalition, une alliance audacieuse de Noirs, de Blancs, de Latinos, d'Américains d'origine asiatique, d'Amérindiens et de personnes LGBTQ, a contribué à ouvrir la voie à un Parti démocrate plus progressiste.
Jesse Jackson s’était vu décerner par le président Bill Clinton la Médaille présidentielle de la Liberté. Il a notamment contribué à faire libérer plusieurs Américains détenus et capturés à travers le monde. Il est notamment à l’origine de la libération d’un pilote de l’US Navy en 1984, détenu par des ravisseurs syriens, de celle d’au moins 16 Américains détenus à Cuba en 1984, de celle de 700 femmes et enfants en Irak en 1990 et de la libération de deux Américains d’origine gambienne emprisonnés dans le pays en 2012.
Des cérémonies publiques auront lieu à Chicago et la Rainbow PUSH Coalition annoncera prochainement d’autres événements commémoratifs, a indiqué la famille Jackson dans un communiqué publié mardi.
Source:.Parismatch.






