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Internationale

Tentative maladroite de division de l’AES

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Le retour précipité de l’ambassadeur algérien à Niamey, acté le 12 février 2026, ne saurait être réduit à une simple normalisation diplomatique.

Sous le vernis des communiqués officiels vantant la «fraternité» et les «projets stratégiques», se déploie une stratégie d’entrisme à nouveau, une tentative de réinsertion par la périphérie dans un espace sahélien dont Alger a perdu le contrôle. Pour les analystes de la région, cette gesticulation des autorités algériennes vers le Niger apparaît comme une tentative maladroite de division de l’AES.


L'analyse des flux diplomatiques révèle une asymétrie flagrante : alors que les ponts sont rompus avec Bamako et inexistants avec Ouagadougou, Alger investit massivement le canal nigérien. Cet entrisme sélectif vise un objectif clair de déconstruction régionale. En isolant le Mali - pivot central de l'AES - et en courtisant Niamey, l'Algérie tente assurément d’ouvrir une brèche au sein de la Confédération. Cette manœuvre fourbe du président Tebboune repose sur une lecture obsolète des rapports de force, où le «parrain» du terrorisme chercherait coûte que coûte à nous dicter notre démarche en matière géopolitique, tout simplement.

Dans ce cas de figure, le risque pour l'intégration régionale, c'est la menace du bilatéralisme sur le court terme. Un danger majeur que cette offensive diplomatique algérienne tente de propager dans sa quête de promotion d'un bilatéralisme opportuniste au détriment de la multilatéralité à laquelle aspirent les trois pays de l'AES.

L'entrisme comme substitut au dialogue

Il est clair, depuis quelques mois, qu'Alger cherche à inciter le Niger à une forme de singularisme diplomatique. Pour les observateurs, l'enjeu est de taille : accepter ce cheval de Troie reviendrait à fragiliser le principe de défense et de diplomatie commune qui constitue le socle de la Charte du Liptako-Gourma. L'entrisme algérien n'est pas un vecteur de développement, mais une tentative de division de l’entité sahélienne, qui serait profitable à Alger et aux groupes terroristes qui essaiment dans le Sahel, où ils sont financés et entretenus.

Ainsi, l’incursion algérienne ressemble à un sabotage permanent. D’où la posture du président Tebboune. Une posture qui ne trompe plus personne. Car on ne peut prétendre œuvrer à l'intégration continentale tout en menant une politique de sédition contre ses voisins. L'idée même que Niamey puisse constituer une porte d'entrée pour influencer Bamako dans leurs velléités de nous imposer des négociations avec les bandes de terroristes, témoigne d'une méconnaissance profonde de la mutation idéologique en cours au sein de la Confédération.

En définitive, cette tentative d'entrisme à nouveau est l'aveu d'une diplomatie algérienne acculée, incapable de concevoir un partenariat d'égal à égal avec des États ayant repris en main leur destin sécuritaire et politique. La Confédération de l’AES ne peut se laisser fragmenter par des invitations de palais ou des retours d'ambassadeurs de circonstance.


Dans cette tentative maladroite d’attirer le Niger et de créer une fissure au sein de l’AES, le Président Tebboune a déclaré récemment qu’il respecte beaucoup le Président Abderrahmane Tiani et qu’il vient de lui adresser une lettre d’invitation à se rendre à Alger. Pour dire que le Niger est proche de l’Algérie. Pour Niamey, la vigilance ne doit pas se limiter seulement aux discussions diplomatiques. Elle va au delà d’une nécessité existentielle de l’AES. Le bloc sahélien, par sa nature indivisible, doit rendre caduque toute stratégie de division. Alger devra tôt ou tard admettre que le temps du tutorat est révolu et que la stabilité du Sahel passera par le respect de son intégrité confédérale, et non par des manœuvres perfides de coulisses. Face aux reliques de l'influence, la souveraineté avance avec le Capitaine IB, président en exercice de la Confédération qu'Alger ne peut zapper tout en ignorant Bamako. Et pourtant, la visite du président, Tiani à la tête d’une importante délégation, les 15 et 16 février 2026, sème le doute et l’embarras. Quoi qu’on dise…

MKL



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