Alors que les entreprises de téléphonie mobile dominent le marché du wifi à domicile, des particuliers se lancent dans la revente en bousculant les règles du jeu. En termes de tarifs, ils proposent mieux que les entreprises connues.
« Nous avons des offres d’abonnement de wifi 4G Home, 100 Gigaoctets (Go) à 17 000 francs par mois et 200 Go à 25 000 francs. C’est adapté aux petites familles », nous explique un gestionnaire en agence. Leurs prix de wifi box varient, parfois de moins de 15 000 francs à plus de 60 000 francs CFA en fonction de la qualité du débit et du réseau, de la quantité de octet et du bit.
Avec tous les avantages et bonus qu’ils offrent, tout le monde ne peut pas acheter leurs box. Le prix reste élevé pour de nombreuses familles. Alors, pour proposer une alternative, certains jeunes se sont immiscés entre les fournisseurs et les clients pour revendre le wifi. C’est devenu leurs gagne-pains quotidiens. C’est un phénomène illégal appelé « wifi araignée ». On le voit partout en Côte d’Ivoire, à Abidjan et même dans les villes de l’intérieur.
Comment installe-t-on le wifi Araignée ?
Yaya, un revendeur, nous relate comment on installe le wifi Araignée. « On achète un abonnement wifi en agence à 25 000 ou 35 000 francs CFA, selon le nombre d’abonnés et la capacité du routeur. Ensuite, l’agence dépêche un installateur agréé pour placer le box à domicile. Après son départ, nous installons des amplificateurs. C’est ce qui permet au wifi de couvrir un grand périmètre dans le quartier ».
Pour que la connexion soit fiable, les acteurs placent des routeurs à une certaine distance, à peu près 50 mètres, dans les couloirs et les cours des clients. « Pour que les clients aient une bonne connexion, on place des dispositifs liés au box central, dans les cours voisines. On peut également les placer sur un poteau pour naviguer dehors. Mais ce n’est pas prudent. Les contrôleurs viennent couper souvent les câbles », explique Bamba, un autre revendeur professionnel à Koumassi.
Avec la complicité…
Ils exercent avec la complicité de certains installateurs agréés. « On est informé discrètement quand ils viennent contrôler. On a le temps de cacher les câbles qui traînent. Mais quand ils nous surprennent, là on se parle et on se comprend bien », nous explique Bamba en souriant.
Lorsque le dispositif est installé, les revendeurs intègrent au wifi un logiciel permettant de générer des tickets avec des codes uniques. Ces coupons de tickets de 100 francs pour 24 heures, 500 francs pour une semaine et 2 000 francs pour un mois sont vendus aux usagers. Le code, introduit dans un téléphone ou un ordinateur, donne accès au wifi.
Ainsi, on a le wifi à prix cassé. « Les cabines [de rechargement de données mobiles ]ne marchent plus bien à cause de ça. Généralement, ce sont les passants qui font les rechargements », nous confie un gérant de cabine. Les clients se sont orientés vers le wifi. « A la maison, je ne me fatigue plus pour acheter du crédit internet. J’ai déjà un wifi à 2 000 francs par mois », affirme Chouaib Konaté. C’est pareil pour Jaqueline. Elle trouve que c’est flexible et avantageux. « Comme je ne me connecte pas tout le temps, je prends la connexion de 500 francs par semaine. Ça me suffit. C’est plus profitable que les datas mobiles qui ne durent pas ».
Ce wifi clandestin est donc une aubaine pour les usagers dans les foyers modestes et une opportunité pour les jeunes revendeurs. « Avec les tickets de 500 francs par semaine et 2 000 francs par mois, si j’ai 50 abonnés, je pourrai avoir au moins 65 000 francs. Ce n’est pas rien », se réjouit Issa, technicien en réseau informatique et télécommunication (RIT). Il rajoute : « le démarrage est difficile. Mais quand on maîtrise le réseau, c’est facile. Ceux qui veulent entrer dedans, nous leur faisons le câblage moyennant un prix. Par exemple, pour le tirage de câble d’une cour à une autre, c’est 1 000 francs ». C’est clair que cette activité illégale est rentable pour ces jeunes.
Mouhamed I. Koné






