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Carnet de route. Abidjan - Ibadan - Abidjan en voiture : (1/2)- 1 200 kilomètres de fatigue et de contrastes

Publié le :

En Côte d'Ivoire, sur le pont traversant le fleuve Tanoé.

Il est exactement 6 h 47, le samedi 13 décembre 2025, lorsque notre véhicule démarre devant la cathédrale d’Abidjan. Nous sommes sept passagers à bord. Le jour se lève à peine sur une ville encore calme. Devant nous s’étire un long ruban de route, ponctué de frontières, d’inconnues, avec une destination finale : Ibadan, capitale de l’État d’Oyo, au sud-ouest du Nigeria, troisième ville la plus peuplée de ce pays après Lagos et Kano. Objectif : couvrir la conférence-débat annuelle de l’Association des fonctionnaires internationaux ivoiriens (AF2I).

Nous quittons Abidjan en traversant Port-Bouët, Grand-Bassam et Bonoua. Les premières heures sont relativement fluides. À bord, chacun est encore frais, silencieux, parfois plongé dans ses pensées. Peu à peu, les discussions s’installent, timides au début, puis plus animées, comme pour conjurer la longueur du trajet qui s’annonce. Nous sommes loin d’imaginer que ce voyage se fera presque sans repos, sur trois jours avec des corps mis à rude épreuve et des yeux qui apprendront à lutter contre le sommeil.

Sept “aventuriers” au départ du trajet Abidjan - Ibadan - Abidjan.

À Aboisso, l’attente commence

À Aboisso, le voyage bascule. L'attente commence. Un embouteillage énorme nous immobilise. Les minutes deviennent des heures. Les yeux deviennent lourds. Pour tromper l’ennui, nous discutons entre nous, échangeons des anecdotes, lisons quelques pages ou tentons de dormir. Certains s’endorment dans des positions improbables, coincés entre deux sièges ou appuyés contre une vitre. Plus tard, les torticolis, les courbatures et les corps endoloris nous rappelleront que le repos sur la route a toujours un prix. Certains passagers descendent du véhicule pour marcher, espérant dépasser le bouchon. D’autres, épuisés ou résignés, restent assis, les jambes engourdies, les pieds déjà enflés.

Autour de nous, les autres voitures se vident aussi. La route se transforme en un lieu de marché improvisé, de discussions, et d’impatience. Une grande côte, à la sortie de la localité d’Adahou, bloque tout passage. Ceux qui marchent finissent par s’arrêter : impossible d’aller plus loin. À 9 h 15, la circulation reprend légèrement. Nous crions victoire trop vite, puisqu’à 9 h 20, plus aucun mouvement ne devient possible. Les arrêts et redémarrages se succèdent jusqu’à 10 h 24, heure à laquelle la route se dégage enfin. Nous apprenons que c’est un accident, survenu depuis 4 h du matin, qui bloquait la voie et que le dégagement avait tardé.

Frontière Côte d’Ivoire - Ghana

Nous arrivons à la frontière Côte d’Ivoire–Ghana à 14 h. La pluie s’invite au moment des formalités, rendant l’attente encore plus pénible. Les contrôles des papiers se succèdent lentement, sous un ciel gris, pour des corps déjà fatigués. C’est finalement du côté ghanéen que les formalités prennent le plus de temps. Nous redémarrons à 15 h, fatigués mais soulagés. Nous sommes à présent en terre ghanéenne. Très vite, la route impose son rythme. À certains tronçons, pas de goudron, laissant place à une chaussée dégradée et irrégulière. Le véhicule est secoué sans répit. Les corps, déjà éprouvés par les heures de route, encaissent difficilement ces secousses répétées. Impossible de fermer l’œil. À cette route éprouvante s’ajoute une poussière épaisse, soulevée par le passage incessant des véhicules. Elle s’infiltre partout, colle à la peau, irrite les yeux et la gorge. L’air devient lourd, presque suffocant. La fatigue n’est plus seulement liée au temps passé sur la route, mais aussi à l’effort constant pour supporter ces conditions.

Togo et Bénin

Nous arrivons au Togo le dimanche 14 décembre à 4 h 10, puis reprenons la route pour le Bénin à 4 h 42. À 5 h 56, nous franchissons une nouvelle étape. À 6 h 00, le Bénin s’ouvre à nous. Le contraste frappe aux yeux lorsque nous entrons au Bénin. Ici, la route semble soudain plus douce. L’asphalte est bien entretenu, régulier. Le véhicule glisse presque. Les secousses cessent, les corps se détendent. Certains passagers soupirent de soulagement, d’autres osent enfin s’assoupir. Ce confort relatif explique pourquoi, à bord, beaucoup ne tarissent pas d’éloges sur les voies béninoises, perçues un petit moment de répit Les paysages, les bâtiments et l’organisation des localités confirment une évidence : chaque frontière franchie est une leçon silencieuse. l’épreuve précédente.

Nous traversons Ouidah, Cotonou, Fidjrossè, Porto-Novo, puis ce village nigérian au Bénin, dernier seuil avant le Nigeria. À 11 h 05, nous entrons enfin au Nigeria. Un arrêt s’impose dans un petit village, passage obligé pour convertir notre monnaie avant de poursuivre. La route continue par Guiroko, Owodé, Sango (État d’Ogun), Bega.

À 16 h 37, nous arrivons à destination. Le voyage prend officiellement fin. À l’aller, nous aurons roulé plus de 24 heures presque sans interruption, avec des pieds enflés, des yeux somnolents, des corps lourds et peu de véritables pauses pour s’étirer.

Claude Eboulé

Envoyée spéciale à Ibadan


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