La Saint Sylvestre a été fêtée en Côte d’Ivoire avec les couleurs nationales. Cette nuit du 31 décembre au 1er janvier a coïncidé avec la victoire de l’équipe nationale « les Eléphants » contre celle du Gabon, comptant pour les 3e matchs de poule de la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nation (CAN) au Maroc.
Au coup de sifflet final de l’arbitre, c’est la joie totale dans les rues, maquis, bars restaurants et même les domiciles. La Côte d’Ivoire venait de battre le Gabon, 3 buts à 2, au bout d’un match tendu, plein de suspense. En empruntant les rues animées de la commune d’Anyama, c’est une foule de jeunes filles et garçons vêtus de maillots orange que nous rencontrons. Au carrefour Cissé à hauteur du boulevard Mohamed VI, une foule de jeunes surexcités, sifflets en main, dansent et chantent la gloire des Éléphants de Côte d’Ivoire.
Au fur et à mesure que nous avançons sur ce boulevard en direction de la commune d’Abobo, la foule devient encore plus dense, notamment au niveau des maquis-bars et les épiceries et boulangeries installées tout au long de la voie. La majorité des fêtards sont vêtus de maillots des Éléphants. « On fête la victoire des Éléphants et on fête aussi le 31 décembre », lance Mamery. Le jeune homme était en compagnie de deux demoiselles toutes vêtues du maillot des Eléphants. « C’est devenu l’habit de fête aujourd’hui », disent-elles, tout en poursuivant leur chemin.
A Abobo, l’atmosphère n’est pas différente. Elle est même plus festive que ce que nous avons constaté jusque-là. Tous les lieux publics situés sur l’axe principal de la commune sont bondés de monde, notamment de jeunes filles et garçons. Au maquis « Malin » situé à environ deux cents mètres du rond-point de la Gendarmerie, les fêtards et amoureux du ballon rond étaient au rendez-vous.
Jeanne Gahodé, l’une des employés du maquis, avait confié quelques jours plus tôt que des aménagements seraient faits dans le maquis pour accueillir les clients pendant cette nuit de la Saint Sylvestre. Nous avons pu le constater cette nuit. Des écrans ont été installés pour leur permettre de suivre le match sur place pendant qu’ils prennent leurs boissons. Dans le maquis voisin, c’était le même décor, comme dans la plupart des maquis que nous avons visités. Au carrefour d’Abobo N’Dotré, des terrasses aménagées devant des pâtisseries et maquis en bordure de route étaient toutes occupées par de jeunes fêtards.
Incivisme des automobilistes et motocyclistes
Cette nuit du 31 décembre 2025 a également donné lieu à une course contre la montre par les automobilistes, notamment les taxis et les minicars de transports passagers. Il fallait rouler vite pour avoir assez de clients. Le chauffeur du minicar que nous avons emprunté à Abobo nous faisait craindre le pire à chaque instant, par ses mauvaises manœuvres. Il démarrait et freinait brusquement à chaque fois tout en ayant le doigt en l’air et les yeux rivés en direction des potentiels clients. Les plaintes des passagers ne le gênaient guère.
On avait également affaire aux nombreux motocyclistes qui, non seulement roulaient à vive allure, mais se faufilaient entre les véhicules. Le comble, c’est qu’ils n’hésitaient pas à emprunter le sens inverse. Au rond-point de la gendarmerie d’Abobo, nous avons vu ces motards emprunter le sens inverse pour éviter les embouteillages, mettant ainsi en danger les piétons qui tentaient de traverser la voie. Cette nuit, nous avons dû assister impuissant à cet incivisme de la part des automobilistes et cyclistes. Pourtant les autorités compétentes notamment le ministère des Transports et celui de la sécurité n’ont cessé de rappeler les usagers à l’ordre, quant à ces comportements qui mettent la vie de nombreuses personnes en danger pendant les fêtes.
Guerre des pétards
Quand minuit sonne c’est l’euphorie. Nous sommes à Abobo, précisément au niveau du carrefour AGRIPAC. Des feux d’artifice jaillissent de partout dans le ciel. Des sonneries et klaxons des automobilistes et motards rappellent que nous entrons dans la nouvelle année, 2026. Tout autour de nous ce sont des scènes de joie.
Mais dans les minutes qui suivent, ces scènes font place à une véritable guerre de pétards entre jeunes gens. Munis de gros pétards appelés également mortiers, qui leur servent d’armes, ils se livrent la guerre. Plutôt que de tirer ces pétards dans le ciel, ils visent leurs camarades dans la rue. Les automobilistes et les passants ne sont pas non plus épargnés. Pris entre le bruit assourdissant des pétards et la fumée noire qui faisait rudement tousser, des passants battent en retraite pour trouver refuge à côté des magasins et autres habitations. C’est dans ces conditions que certaines personnes ont accueilli la nouvelle année 2026 à Abobo et Anyama.
Diomandé Karamoko






