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Kibarou

Kibarou. Cette réaction de la CEDEAO longtemps espérée.

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Ça y est. La Communauté Économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ou CEDEAO en abrégé, s’est enfin décidée à prendre ses responsabilités, à manifester cette réaction forte et adopter cette posture longtemps attendue d’elle. Celle de réagir militairement aux coups d’État perpétrés par des soldats égarés et très malfaisants, de certains de ses pays membres. La pratique à tendance viscérale en Afrique de l’ouest, avait commencé par meubler le quotidien de l’actualité politique de la sous-région. Et ce, paradoxalement après plus de trois décennies d’exercice de la démocratie dans la plupart des pays africains. Elle était finalement perçue par les jeunes générations, comme une banale déconvenue politique sur le continent. A mettre notamment sur le compte des balbutiements et autres errements de la démocratie. Ce qui n’est qu’une perception par défaut en réalité. Parce que, imputable à l’incompréhension de leur part, de l’attitude de ces militaires, que rien ne justifie. Tant il est vrai que de tout point de vue, elle reste arriérante, surannée et hautement obscurantiste, pour un continent qui cherche à se sortir du joug des influences et des dépendances économiques surtout, de l’occident.

Ils sont légion donc les africains qui ont vivement applaudi, l’intervention du contingent militaire de la CEDEAO venue du Nigeria pour solidement et significativement épauler l’armée républicaine béninoise. Marquant par ce fait même, avec fermeté et assurance, l’échec de cette tentative de putsch. Une réaction de la CEDEAO très inattendue faut-il le souligner, qui a aussi valeur d’avertissement envers toutes les armées des autres pays de l’Organisation.

En effet, ainsi que l’engagement a été pris, nous osons effectivement croire qu’il en sera désormais ainsi à travers le continent ; chaque fois que des militaires égarés, voudront porter un coup d’arrêt à l’exercice de la démocratie, pour s’essayer à la politique en usant de leurs armes. Ce braquage du pouvoir d’État, dont ils se montrent de plus en plus friands sous de fallacieux prétextes auxquels les populations croient toujours au départ ; pour finalement regretter de les avoir soutenus, n’a d’effet que celui de toujours tirer les pays victimes vers le bas.

Pour autant, il va bien falloir aussi que les leaders et acteurs politiques, cessent de créer des situations et conditions excitatives de ces soldats, au braquage du pouvoir d’État. Car, ce n’est pas par ce qu’un tel agissement de la soldatesque ne saurait aucunement être tolérée, ou acceptée en démocratie, que l’on devra s’accommoder de toutes ces formes de mauvaises politiques. Aux effets divisionnistes, méprisants, ségrégationnistes et insurrectionnels menés par des leaders et acteurs politiques africains conduisant donc tout droit le pays dans le mur. C’est dire qu’il leur appartient aussi de changer de pratiques politiques, ou de manière de faire la politique.

La CEDEAO a fait fort avec le Bénin. A présent, tout l’ardent souhait des observateurs politiques africains, est qu’il en soit continuellement ainsi. Pour tout le bonheur des peuples de la sous-région, dont certains continuent malheureusement de subir les affres de la gestion du pouvoir d’État par des militaires, qui ont tout simplement déserté les casernes.

Moussa Ben Touré


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