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Politique

Les USA expulsent Mayama Sesay, une ancienne rebelle libérienne

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Au début de son second mandat, Donald Trump avait affirmé vouloir intensifier les expulsions, promettant un renforcement du dispositif migratoire. Cette orientation s’est traduite par une série de mesures plus strictes, touchant notamment les personnes soupçonnées d’avoir dissimulé leur passé lors de procédures d’immigration. La décision concernant Mayama Sesay, connue sous le nom de « Black Diamond », illustre la mise en œuvre de cette ligne politique.


Une figure de guerre renvoyée au Liberia

Mayama Sesay a été expulsée des États-Unis vers le Liberia début septembre. Ancienne commandante du mouvement armé Liberians United for Reconciliation and Democracy (LURD), elle dirigeait une unité féminine surnommée les « Women’s Artillery Commandos ». Les autorités américaines lui reprochent d’avoir menti lors de sa demande de résidence permanente en niant être cette figure militaire. Selon elles, son rôle au sein du LURD impliquait le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats, ce qui a pesé lourdement dans la décision judiciaire.

Un juge avait déjà ordonné son expulsion en 2022, mais la procédure a été confirmée et suivie plusieurs années plus tard. Placée en détention par l’agence américaine de l’immigration (ICE) au printemps 2025, elle a finalement été renvoyée vers son pays d’origine le 5 septembre.


Une affaire aux implications politiques et judiciaires

L’expulsion de Sesay n’est pas seulement une affaire individuelle : elle illustre la manière dont Washington applique aujourd’hui ses politiques migratoires à des personnes associées à des conflits armés à l’étranger. L’administration met en avant la protection de l’intégrité de son système migratoire en sanctionnant ceux qui auraient dissimulé des faits graves.

Ce cas rappelle aussi que les conséquences des guerres civiles peuvent resurgir bien des années plus tard, jusque dans les tribunaux étrangers. À travers cette décision, les États-Unis affirment leur volonté d’écarter du territoire toute personne considérée comme impliquée dans des violations des droits humains. Cela soulève néanmoins des questions sur l’avenir de Sesay au Liberia, où son retour pourrait rouvrir des plaies liées à un passé marqué par la guerre.

En choisissant d’appliquer cette mesure de manière exemplaire, Washington envoie un message qui dépasse son cas personnel : les dissimulations ou omissions face aux autorités migratoires peuvent entraîner non seulement des sanctions administratives, mais aussi un retour forcé vers des réalités longtemps laissées derrière soi.

Charly Hessouna



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