La farine de maïs et le gari sont pour le Béninois ce que l’attiéké et l’alloco sont pour l'Ivoirien. Des incontournables du quotidien, deux mets populaires qui racontent à leur manière un art de vivre. Suivons notre envoyée spéciale dans une cuisine familiale au Bénin.
Découvrir une culture, c’est aussi passer par le fond de ses marmites. Au Bénin, la cuisine familiale se décline en une multitude de plats. Mais ce sont souvent les recettes simples, nourrissantes qui rythment le quotidien. Parmi elles, l’incontournable acoumin (cabato) et le gari, deux mets populaires qui racontent à leur manière un art de vivre.
L’acoumin ne manque jamais dans la maison béninoise. Il en existe plusieurs variantes. La plus répandue est celle préparée avec de la farine de maïs blanche, appelé e wò. On en trouve aussi à base de maïs jaune, ou encore une version noire issue de la farine d'igname, appelée telibô. Mais, après la blanche, la plus courante reste la version rouge, vendue un peu partout. Rouge, parfumé et généreux.
L'acoumin au gras ou djècoumin
Pour deux personnes, on écrase trois ou quatre tomates. La cuisson démarre dans une casserole avec du concentré de tomate, la tomate préalablement écrasée et une bonne dose d’huile. Après, un peu de potasse pour atténuer l'acidité de la tomate. On poursuit avec les épices qui donnent toute la saveur. Anis, laurier, gingembre, ail. « Chacun met ce qu’il aime, mais ces ingrédients sont mes préférés », explique Victoire, mère de famille. Très vite, l’odeur envahit la cuisine. Elle ajoute du bouillon de bœuf, quelques cubes alimentaires, du sel et de l’eau, puis laisse mijoter doucement. Vient ensuite l'ajout de la farine de maïs. Une main tient fermement la palette en bois, l’autre verse la farine petit à petit. Les gestes sont rapides, précis, presque des rituels. Au résultat, le djècoumin est un cabato « au gras », consistant et savoureux. En trente minutes, le plat est prêt. On l’accompagne de viande, de poisson ou de poulet, selon les envies. Mais le piment vert écrasé reste l'accompagnement indispensable.
Le gari, ça se délaye mais pas que
Si le caboto réchauffe les repas, le gari s’invite dans les moments plus simples. Au Bénin, on ne le laisse pas gonfler comme en Côte d’Ivoire. On le lave rapidement, on y ajoute de l’eau glacée ou non, du sucre et de l’arachide. Le mélange reste croustillant sous la dent, et l’eau se boit ensuite, quand il ne reste que quelques granulés. En Côte d’Ivoire, au contraire, on préfère le laisser gonfler avant d’y verser du lait et du sucre.
Mais le gari se déguste aussi autrement. Préparé comme le caboto, mais avec du gari à la place de la farine de maïs, il prend le nom de galiba. Dans une autre version, appelée galifôtô , le gari est simplement arrosé d’un peu d’eau, puis assaisonné de sel, d’huile et de cube. Une texture qui rappelle l’attiéké, mais avec une identité propre.
Entre identité et contrastes culinaires
Acoumin et gari, voilà deux piliers de la cuisine béninoise. En Côte d’Ivoire, ce sont plutôt le garba ou l’alloco qui viennent spontanément à l’esprit. La farine de maïs et le gari sont pour le Béninois ce que l’attiéké et l’alloco sont pour l'Ivoirien. Des incontournables du quotidien. Ces différences culinaires rappellent combien chaque peuple exprime son identité dans l’assiette, entre saveurs partagées et contrastes culturels.
Claude Éboulé, envoyée spéciale au Bénin
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
publicitéPLUS D'ARTICLES
-
Côte d'Ivoire. Le général Lassina Doumbia aux États-Unis pour renforcer la coopération avec l’armée américaine
-
Côte d’Ivoire. JIF 2026 : Ouattara souligne « la contribution déterminante» des femmes au développement du pays
-
Côte d’Ivoire. JIF 2026 : Dominique Ouattara insiste sur les « actions concrètes dans la vie quotidienne » des femmes
-
Ça s'est passé un... 8 mars 2020 :Obsèques de N'St Cophies : le rapatriement de la dépouille pris en charge par le Président Ouattara
-
Côte d’Ivoire. Ramadan : la solidarité associative illumine le mois sacré
-
6 mars 1973 : Séa Robinson et Raoul Rabet sur le ring du Président Houphouët
-
Football. Mondial 2026 : La FIF aux États-Unis pour préparer le coup d'envoi
-
Immigration : L’Espagne régularise près de 500 000 clandestins
-
Guerre au Moyen-Orient : La Côte d'Ivoire installe trois équipes de veille
-
Simandou 2040 : La Guinée prépare une révolution économique à 330 milliards de dollars
-
Côte d’Ivoire. Mondial 2026 : une mission exploratoire facilitée par l’Ambassade aux Etats-Unis
-
Côte d’Ivoire. Ramadan 2026 : Dominique Ouattara offre des vivres aux mosquées d'Abidjan
-
L’Enquête du jeudi. Télé, tablette, téléphone : nocifs ou utiles pour les enfants ? (2/2)- La face utile des écrans
-
Côte d’Ivoire. Le jeune cambrioleur aux cent clés
-
L’Enquête du jeudi. Télé, tablette, téléphone : nocifs ou utiles pour les enfants ? (1/2)- Les écrans déconnectent de la réalité
-
Le Royaume-Uni annonce ne plus délivrer de visas d’étude à 4 nationalités et suspend les visas de travail aux Afghan
-
Protection des mineurs : Dominique Ouattara invitée par Melania Trump à un sommet international
-
À Madrid, la Ministre Euphrasie Kouassi Yao appelle à remplacer « la carte du manque par celle des compétences »
-
Affaire SNEDAI : L'ex DAF en exil, condamné à 7 ans de prison, veut rentrer pour se défendre
-
Le ministre de la Justice ordonne la traque des auteurs d'infractions numériques sur les réseaux sociaux en RDC
-
Assister au Mondial-2026, un rêve suspendu au visa pour de nombreux supporters
-
Côte d’Ivoire. Blocage des stocks de cacao : Tiéné Birahima Ouattara appelé à la rescousse
-
Blocage des VPN au Gabon : une facture en milliards CFA pour un résultat incertain
-
Abidjan. Vendeurs ambulants dans la circulation : (2/2)- Une activité illégale mais rentable (reportage)
-
Côte d’Ivoire. 18 blocs de cannabis sur le capot d’une 4x4
-
Abidjan. Vendeurs ambulants dans la circulation : (1/2)- En danger entre les voitures (reportage)
-
Côte d’Ivoire. Le cyberactiviste Zigui Ibrahim présente ses excuses au Conseil constitutionnel
-
Guerre Israël-Iran. La CEDEAO s'alarme : l'Afrique de l'Ouest paiera la facture
-
Kibarou . Mourir pour une guerre qui n’est pas la nôtre
-
Moyen-Orient : Abidjan condamne les attaques et rassure ses ressortissants en Israël
-





