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L’Enquête du jeudi. Côte d’Ivoire. Quand ils reviennent au pays… Comment la diaspora reprend pied

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Madame Bley Marcène, membre récent de la diaspora invoirienne des Etats-Unis, reçoit le Prix d'Excellence 2025 pour le Meilleur Restaurant

Des membres de la Diaspora ivoirienne, notamment celle issue des Etats-Unis d’Amérique, reviennent en grand nombre au pays, depuis 2011, pour y investir. Certains parmi eux rencontrent des difficultés, qui par moment suscitent en eux le décourageant, voire le regret d’avoir regagné la mère patrie. D’autres, en revanche, parviennent, en dépit de tout, à s'insérer dans le tissu socio-économique.

Edwige Koré est rentrée des Etats-Unis depuis 2009. Jusque-là, elle ne se retrouve pas. « C’est parce que les banques ne nous facilitent pas les choses », nous confie-t-elle. Sentiment partagé par David Marcel, un entrepreneur dans l’immobilier. « Pour emprunter et investir, les banques imposent des limites et des taux d’intérêts très élevés », affirme-t-il. Mais, après dix ans d’expérience et de persévérance, Marcel s’en sort mieux dans divers domaines. Un autre accuse plutôt des sociétés fictives ou des proches irresponsables. « Quand tu envoies de l’argent pour investir dans une affaire au pays, si tes frères ne le gaspillent pas à autres chose, ce sont les entreprises qui disparaissent avec. Ça n’encourage pas vraiment ».

Des difficultés d’ordre privé

Sur les plaintes concernant les banques, nous avons approché certaines d’entre elles. L’objectif était de savoir s’il y a un traitement spécial réservé aux Ivoiriens de l’extérieur dans l’ouverture d’un compte ou de demande de prêts. « Il n’existe pas de traitements particuliers pour les Ivoiriens vivant à l’extérieur. Nos offres sont pareilles pour tous nos clients. Pour plus de détails, il faut la présence du client lui-même », nous dit un conseiller client d’une banque.

Qu’en est-il de l’accessibilité de la diaspora au Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI), en vue de créer leur propre entreprise ? Un agent de la structure nous clarifie : « Le CEPICI ne fait pas de distinctions entre les Ivoiriens résidents et ceux de l’extérieur. Avec 10 000 francs CFA, tout Ivoirien peut créer son entreprise en 24 heures en réunissant les documents nécessaires tels que le casier judiciaire et le registre de commerce. La procédure a été rendue facile pour tout le monde ». De tout ce qui précède, on constate que sur le retour de la diaspora, il n’y a pas de difficultés d’ordre administratif public mais plutôt d’ordre privé.

Pour venir investir, il faut avoir un projet

Ces difficultés familiales ou financières demeurent supportables grâce à un dosage entre la passion, le courage et la vision autour d’un projet. Nul doute que ce sont ces valeurs qui ont permis à Mme Bley Ama Marcène d’obtenir le Prix d’Excellence 2025 du Meilleur établissement de restauration, décerné par le Président de la République. « Cela fait dix-huit ans que j’ai quitté les Etats-Unis où je faisais la restauration, pour m’installer au pays. La restauration, c’est ma passion », nous dit la gérante du restaurant « Chez Marcène » situé dans la commune du Plateau.

Un autre exemple de réussite, c’est celui de Koné Alassane, diplômé en informatique au Maroc. Il est rentré et s’est installé dans la commune de Koumassi où il a ouvert son espace d’informatique depuis sept ans. Son activité tourne bien. « Pour investir, il faut avoir un projet. Des parents qui vous découragent à ne pas rentrer, la peur de ne pas avoir le même niveau de vie ou d’échouer après votre retour sont des arguments pour ceux qui refusent de rentrer. Mais il faut se surpasser et avoir une vision sur un projet que vous devez préfinancer d’abord », souligne-t-il.

Que l’Etat diminue les impôts

On retient que pour réussir son retour, il est important « d’avoir son projet et être courageux », déclare Coty Chapo . Avant d’ajouter qu’ il « sera bon que l’Etat diminue les impôts pour la diaspora, afin de les encourager à investir davantage. On a besoin de l’aide du gouvernement de façon concrète », souhaite-t-il. Même si l’époque de l’Etat providence est révolue, les mesures d’allègement fiscal ciblant la diaspora seront les bienvenues.

Rappelons que le gouvernement ivoirien a déployé plusieurs stratégies d’appui à l’intégration socio-économique pour la diaspora. Ainsi, pour orienter et faciliter, il y a la Direction générale des Ivoiriens de l’Extérieur (DGIE) du ministère des Affaires étrangères (MAE) qui organise des rencontres telles que le Forum de la Diaspora ivoirienne en collaboration avec le Sénat. Pour créer une entreprise, il y a le CEPICI du ministère du Commerce et de l’Industrie (MIC). Pour intégrer l’administration publique, il y a également le concours de recrutement exceptionnel réservé à la diaspora, organisé par le ministère de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration (MFPMA). Enfin, pour diversifier l’investissement depuis l’extérieur, il y a des événements comme le Forum Investir dans le District autonome d’Abidjan (FID2A).

Mouhammed I. Koné


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