Chaude matinée à Banjul, la capitale gambienne, le 23 juillet ! Des milliers de manifestants, à l’appel du Mouvement des jeunes contre le pillage des ressources nationales, ont protesté contre ce qu’ils qualifient d’échec grave du président Adama Barrow.
Les croquants ont ainsi arpenté plusieurs artères, bloquant la circulation au centre de Banjul, pour remettre 5 pétitions à des ministères et institutions de la république gambienne. Parmi les institutions destinataires de la pétition, l’Assemblée nationale et la présidence de la république. 3 ministères, dont celui de la Justice, ont également été ciblés, preuve que la rue gambienne indexe aussi bien l’exécutif, le législatif que le judiciaire dans sa colère.
D’où vient cette brusque montée d’adrénaline chez les Gambiens, eux qui étaient descendus massivement dans la rue pour empêcher Yaya Jammeh de trafiquer les résultats de l’élection présidentielle de 2016. Dans cette dynamique, ils avaient applaudi, festoyé à tout rompre, quand les troupes de la CEDEAO prenaient pied à Banjul, obligeant le dictateur à un sauve- qui-peut et Adama Barrow recouvrer ses droits de vainqueur de cette présidentielle historique. En 2021, l’idylle des Gambiens avec Adama Barrow s’est poursuivie dans une large victoire pour un second mandat.
Les manifestations de ce 23 juillet sont donc comme un coup de semonce, le premier signe d’un désamour lancinant entre les Gambiens, particulièrement les plus jeunes, et leur héros de 2016. En effet, depuis 2019 il y avait de l’eau dans le gaz du système Barrow. Des scandales de malversations avaitentéclaté à propos de la gestion de l’aide internationale pour enrailler l’épidémie de la Covid-19. En 2022, c’est un sirop frelaté contre la toux, vendu dans les pharmacies qui tua plus de 70 enfants. Il avait été officiellement importé de l’Inde et malgré ces pertes en vie humaine, le pouvoir d’Adama Barrow n’a pas sévi comme les Gambiens le souhaitaient contre les importateurs, les douaniers et les exportateurs fautifs.
A moins de 18 mois de la prochaine présidentielle prévue pour décembre 2026 au plus tard, le Mouvement des jeunes gambiens contre le pillage des ressources nationales crie le ras-le-bol des populations, leur grande déception de voir qu’en 2 mandats, leur héros, qui a proclamé mille et une fois la tolérance zéro à la corruption, est resté bien timide face aux multiples scandales. Il promet de revenir à la charge si le gouvernement ne se montre pas plus incisif contre la mal gouvernance et pour plus de justice dans le pays.
Hélas, l’idylle pour la bonne gouvernance qui tourne au cauchemar d’un mal endémique persistant, n’est pas propre à la Gambie. Sous nos tropiques, les exemples sont légion où les opposants ont la bouche mielleuse en promesses électoralistes. Mais une fois aux affaires, ils perpétuent, voire aggravent les tares des régimes précédents. Dans le cas présent, le pire pour le président Adama Barrow, ce n’est pas le reproche d’échec que lui fait la rue gambienne, mais l’opprobre d’être pire que la satrape Yaya Jammeh, traduit par les slogans des manifestants, les uns plus injurieux que les autres du genre : ‘’Le système de santé est défaillant, les dirigeants se goinfrent’’ ; ‘’ les Gambiens ne sont pas les esclaves de la corruption’’ . Tout est dit !
Zéphirin Kpoda
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