Pas besoin de prendre l’avion. Ni même de quitter Abidjan. Pour certains, les vacances ont bien un goût d’évasion, juste quand ils quittent leur domicile. Quitter leur quartier pour passer quelques semaines dans une autre commune : voilà leur manière de décrocher, sans exploser le budget. Une forme de tourisme de proximité, modeste, mais chargé de symboles. Nous sommes allés à leur rencontre.
Angré cité Café 8, 9 h du matin. Les ruelles encore fraîches accueillent les premiers rayons du soleil. Les trottoirs sont calmes, les murs des maisons peints à neuf et les immeubles flambant neufs. C’est ici que Viviane Ehon, étudiante béninoise inscrite à l’Académie régionale des sciences et techniques de la mer, a choisi de poser ses valises pendant les vacances. « Je viens de Yopougon, où je suis en pension. C’est là que je passe toute l’année. Là-bas, ça bouge beaucoup, c’est toujours bruyant. Ici, je découvre un autre Abidjan, plus calme, plus propre », dit-elle, sourire en coin. C’est la première fois qu’elle met les pieds à Angré. Et ce premier contact ne la laisse pas indifférente. « On dit que c’est le quartier des riches. Je voulais voir. Franchement, on sent que les gens vivent bien ici. Même les taxis changent ».
« Au moins ici, je dors mieux, je respire »
Quelques rues plus loin, à soleil 3, Dora sort d’une cité où elle loge temporairement, en famille. Elle aussi a quitté son quartier d’Abobo pour passer du temps à Angré. « Ce ne sont pas de vraies vacances, hein. Mais au moins ici, je dors mieux, je respire », confie la jeune femme. Esthéticienne de profession, elle préfère économiser. Pas de voyage à Bassam ou à Assinie. « Voyager, ce n’est pas que la distance. C’est aussi se reposer, se sentir ailleurs. Et moi, ailleurs, c’est ici ». Ce changement de décor est aussi un moyen pour elle de voir autre chose, d’échapper à la routine, sans se ruiner. Elle économise même sur les repas. « Ici, je ne dépense presque rien. À la maison, j’aurais eu à tout gérer toute seule ».
Pour ces jeunes femmes, changer de commune, c’est déjà changer de rythme, d’environnement, parfois même d’état d’esprit. À Angré, elles croisent des gens qu’elles n’auraient peut-être jamais rencontrés dans leur quartier. Elles observent des modes de vie différents, s’inspirent, parfois comparent. « Ici, les gens font du sport tous les soirs. C’est motivant. Ça me donne envie de rester », glisse Viviane.
Jeunes citadins sans gros moyens
Dans les rues d’Angré, les boutiques de quartier et les petits maquis reçoivent ces vacanciers d’un genre nouveau, discrets mais nombreux. Ils ne prennent pas de selfies sur la plage, mais ils vivent à leur façon, un dépaysement bien réel. Parfois, il suffit de traverser la ville pour se sentir un peu plus léger. Un peu plus libre.
Ce type de vacances locales est de plus en plus courant chez les jeunes citadins sans gros moyens. La flambée des prix du transport et la cherté de la vie obligent beaucoup à revoir leurs ambitions. Finis les longs voyages ou les hôtels au bord de la lagune. Désormais, on se contente de passer quelques jours chez un proche, dans une commune voisine, pourvu qu’on y trouve un peu de repos.
Claude Éboulé
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