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Economie

Côte d’Ivoire. Filière igname :(2)- Des besoins de formation en techniques de conservation et de transformation

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Le Marché de gros d’igname de Bouaké était censé être le seul où les productions devraient transiter pour la distribution sur tous les marchés de l’intérieur du pays et à l’extérieur. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. C’est une difficulté à laquelle s’ajoutent certaines décisions du gouvernement qui impactent négativement les activités de la filière.

« Les commerçants de gros à l’intérieur ne viennent plus se ravitailler à Bouaké. Ils s’approvisionnent directement dans les zones de culture. Du coup, le marché de gros de Bouaké a perdu le monopole de la distribution, en faveur d’Abidjan. Face à cette difficulté, le marché s’est orienté pour l’exportation, essentiellement vers le Mali avec les variétés d’ignames peu consommées localement comme le Florido et l’Assawa. C’est pareil pour la région d’Odienné dont la production ne vient pas à l’intérieur, mais va plutôt au Mali et en Guinée », nous dit Samaké Abdoulaye, secrétaire général du Marché de gros d’ignames à Bouaké.

Mauvaise décision du gouvernement

Il renchérit : « Pendant qu’on se débrouillait, le gouvernement avait interdit l’exportation de produits vivriers y compris l’igname. Pourtant, toute la production n’étant pas consommée, le marché de gros de Bouaké dépend de l’exportation. Ce qui a fait que nous avons enregistré des pertes. C’est pourquoi, il est important d’associer les acteurs de la filière dans les prises de décisions ».

Autre difficulté majeure, ce sont les maladies virales qui freinent considérablement la production. « Les pertes engendrées par les insectes, depuis la mise en terre des semences jusqu’à la récolte et ensuite lors du stockage des ignames sont importantes. Certains insectes sont à l’origine de maladies virales », expliquait la phytopathologiste ivoirienne Toualy Marie-Noel Yeyeh, dans un article publié le 17 décembre 2021 sur le site fratmat.info.

Outre la lutte contre les maladies virales, la formation sur les techniques de conservation et de transformation demeure un défi majeur pour le développement de la filière. « La filière se porte bien. Produire en quantité et en qualité est déjà une opportunité pour nous. Avec l’appui du gouvernement, c’est à nous de nous réinventer face aux difficultés pour accéder au marché international, comme le Nigeria et le Ghana qui sont de grands producteurs d’ignames », a conclu Samaké Aboulaye, pour exprimer à l’Etat leurs besoins.

Moussa I. Koné


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