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Politique

Arrivée d’Afrikaners aux Usa : Quand Elon Musk prend sa revanche sur l’histoire

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Ils étaient une cinquantaine d’Afrikaners à débarquer, le 12 mai dernier, à l’aéroport international de Washington Dulles, aux Etats-Unis, en provenance de l’Afrique du Sud. Les Afrikaners, faut-il le rappeler, sont des descendants des premiers colons européens qui s’étaient installés dans la Nation arc- en-ciel. Et c’est en tant que réfugiés que ces hommes, femmes, jeunes et enfants en bas âge, ont été accueillis par des personnes haut placées de l’Administration Trump dont le numéro deux du Département d’Etat et son homologue au ministère de la Sécurité intérieure. Un accueil soigneusement préparé qui traduit toute l’importance accordée au plus haut sommet de l’Etat américain, à cet évènement. Rien d’étonnant quand on sait que l’arrivée des Afrikaners d’Afrique du Sud aux Etats-Unis, a été préparée par le président Donald Trump lui-même.

La décision du président milliardaire d’offrir l’asile aux Afrikaners, est politique

En effet, les considérant comme «victimes de discrimination raciale injuste», le locataire de la Maison Blanche s’était dit prêt à accueillir ces agriculteurs sud-africains qu’il estime «persécutés» au pays de Nelson Mandela. Il avait ainsi balisé le terrain en prenant un décret qui leur accordait le statut de refugiés. L’arrivée de ce premier groupe d’Afrikaners (puisque d’autres devraient suivre dans les prochains jours) est donc une promesse tenue par le président Donald Trump qui a dû faire une exception dans sa politique drastique contre l’immigration aux Etats-Unis. Et s’il y en a un qui doit se satisfaire le plus de l’arrivée de ces descendants de colons sur le sol américain, c’est sans aucun doute le milliardaire Elon Musk, allié de Donal Trump, qui occupe aujourd’hui la tête du ministère de l’efficacité gouvernementale. Ce retour des Afrikaners au pays de l’Oncle Sam peut même sonner, pour lui, comme une revanche sur l’histoire. En effet, faut-il le rappeler, l’entrepreneur et homme politique américain qui est né en Afrique du Sud, où il a vécu jusqu’à ses 17 ans, est le fils d’Errol Musk, riche ingénieur et promoteur immobilier sud-africain aux origines afrikaner. C’est dire si Elon est, lui-aussi, Afrikaner de souche et se sent proche pour ne pas dire concerné par tout ce qui touche à ce peuple. On comprend donc aisément pourquoi l’homme considéré comme le plus riche du monde, s’est durement opposé à la récente loi sur l’expropriation des terres en Afrique du Sud. En réalité, il faut le dire, tout est parti de cette fameuse loi prise par le gouvernement sud-africain pour, dit-il, réparer les torts causés par l’apartheid, qui a permis à la minorité blanche d’occuper la quasi-totalité des terres dans ce pays. Par la prise de cette mesure, les autorités sud-africaines ont été accusées, au mépris de leur souveraineté, par Elon Musk et son allié de président, de vouloir procéder à une confiscation des terres appartenant aux fermiers blancs, comme ce fut le cas au Zimbabwe, où des milliers de fermiers blancs ont été chassés de leurs terres, souvent par la violence, entre 2000 et 2001. Des accusations totalement rejetées par le gouvernement sud-africain.

Deux capitales toujours à couteaux tirés

Mais Donad Trump avait, dans la foulée, signé un décret interrompant formellement toute aide à l’Afrique du Sud pour ainsi manifester son opposition à cette loi. L’arrivée des Afrikaners aux Etats-Unis sur fond d’accusations de persécution et de discrimination raciale, il faut le dire, est la conséquence d’une vieille querelle diplomatique entre Washington et Pretoria. En effet, les deux capitales sont à couteaux tirés sur plusieurs sujets majeurs qui fâchent, dont cette loi sur l’expropriation des terres en Afrique du Sud, sans oublier la position de Pretoria dans la guerre israélo-palestinienne qui irrite, de plus en plus, le bouillant Donald Trump qui y voit une défiance à l’endroit de la superpuissance des Etats-Unis. C’est donc dire que la décision du président milliardaire d’offrir l’asile aux Afrikaners qui ont peur, selon lui, pour leur vie en Afrique du Sud, est politique. Si le président Trump est véritablement animé d’une volonté de sauver des gens qui vivent «une situation terrible», leur permettre «d’échapper à la violence», comme il le prétend, on peut se demander s’il a choisi la bonne cible. C’est donc avec juste raison que sa décision est vivement critiquée par des groupes de réfugiés qui l’accusent de donner la priorité à une minorité ethnique blanche au détriment de personnes plus démunies. Mieux, pour quelqu’un qui a instauré une politique de répression impitoyable de l’immigration dans son pays, durci les conditions d’accès à l’asile, on peut se demander s’il est le mieux placé pour accuser un Etat souverain de persécution ou de discrimination raciale.

«Le Pays»


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