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Politique

Dans le quartier new-yorkais de Queens, la peur de Trump plombe les affaires

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« Plus personne ne sort, plus personne n’achète », souffle Nader, dans son magasin de meubles de Corona, un quartier populaire de New York où se concentre une forte population immigrée. Depuis que Donald Trump a repris le pouvoir, les commerces locaux tournent au ralenti.

Avec la promesse du président américain de mener la plus grande vague d’expulsions de l’histoire du pays, ce coin du Queens d’ordinaire animé s’est désertifié, frappant de plein fouet une économie locale qui profitait du pouvoir d’achat des travailleurs, quand bien même en situation irrégulière.

« Le travail est mort », résume encore Nader, qui a refusé de donner son patronyme. « Depuis janvier 2025 […] personne n’achète de meubles parce que les gens ont peur » d’être arrêtés et expulsés, confie à l’AFP cet Américain d’origine palestinienne, installé depuis 2016 au cœur de ce quartier latino.

Rares sont ceux qui lui achètent encore un matelas, un lit ou une commode, alors qu’ils craignent de devoir tout laisser sur place en cas d’expulsion, explique Nader, 57 ans, qui passe désormais jusqu’à trois jours « sans une seule vente ».

En cet après-midi de mars, la place Corona, bouillonnante avant l’investiture de Donald Trump, est quasi-vide.

Désormais, le vendeur de meubles craint pour son commerce, dont il n’arrive plus à payer le loyer, 7000 dollars.

« Tout s’effondre »

L’équation est la même dans les commerces alentour — boutiques de vêtements, épiceries, restaurants ou encore stands de nourriture — qui subissent la même chute d’activité. Tous évoquent une baisse de leur chiffre d’affaires de 40 à 60 % depuis l’investiture.

Javier — qui a également refusé de donner son nom -, employé mexicain d’une boutique de téléphonie, décrit le cercle vicieux : « Avant, les gens dépensaient sans problème. Ils avaient un travail, de l’argent. Maintenant ils sortent travailler sans être sûrs de rentrer chez eux ».

Son chiffre d’affaires a été divisé par deux, ses habitués laissant passer l’orage avant d’investir dans un nouveau téléphone ou un accessoire.

« Les clients réduisent leurs forfaits, d’autres se contentent du minimum pour ne pas perdre leur numéro », raconte-t-il.

Lui-même reconnaît avoir transféré ses économies au Mexique, ne gardant à New York que le strict minimum pour le loyer et la nourriture.

« Que va-t-il se passer s’ils continuent d’expulser ? », interroge encore Javier, 31 ans, pour qui l’économie du quartier repose entièrement sur la communauté hispanique.

« Si elle disparaît, tout s’effondre », prévient-il.


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