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Côte d’Ivoire. Korhogo-Boundiali : « Il n’y a même plus de route » (un chauffeur)

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La route Korhogo-Boundiali, au bitume fortement dégradé avec de grosses crevasses tout le long du tronçon.

L’axe routier entre Korhogo et Boundiali, au Nord de la Côte d’Ivoire, est dans un état de dégradation avancé. « Dire que cette route est dégradée, c’est cacher le mal. Il faut dire qu’il n’y a même pas de route », soutient un chauffeur à cause des nombreux et grands nids de poule qui se sont creusés sur le bitume.


Vu l’urgence, le gouvernement a autorisé une banque, le 22 mai 2024, à financer les travaux de réhabilitation et de renforcement dudit axe à hauteur de 26,5 milliards de francs CFA. Cependant, depuis cette annonce, bientôt dix mois, on ne voit aucun signe de début de travaux pour soulager les usagers des calvaires de cette route non éclairée et longue de 98 kilomètres.

Étant un passager dans deux cars différents, en aller-retour sur cette voie, nous avons fait le constat. Le premier car, en aller, a fait une crevaison. Le second au retour s’est fait bousiller les amortisseurs des roues, tard dans la nuit et la fraîcheur. De quoi exaspérer tout le monde. « C’est difficile. La route est gâtée, il n’y a pas de lumière. Notre responsable de compagnie a plusieurs cars qu’il veut mettre en circulation. Mais avec l’état de la route, il refuse. Il a raison », nous explique le convoyeur.


Lire aussi : Route : 26 milliards pour le renforcement de l’axe Korhogo-Boundiali



Impact négatif sur le commerce et la santé

La dégradation de cette voie qui relie les chefs lieu de région du Poro et de la Bagoué dans le district des Savanes a un impact négatif sur le commerce et la santé. « Avant, on faisait Boudali-Korhogo en une heure. Maintenant, c’est deux heures voire plus. Je partais chercher de l’attiéké à Korhogo deux fois dans la semaine. Actuellement, une seule fois, c’est compliqué. Si c’est fini, j’attends l’autre semaine. Forcément, je ne fais pas de bénéfices comme auparavant. C’est fatigant sans compter les courbatures et les maux de tête à cause de l’état de la route », affirme Dame Coulibaly commerçante à Boundiali.

Pour certains, cette dégradation s’est accélérée à cause des véhicules de poids lourds. « Les camions qui rallient les deux capitales ivoirienne et malienne, respectivement Abidjan et Bamako, préfèrent passer par Korhogo-Boundiali-Tengrela, plus court, au lieu de passer par Ouangolo, plus long. Le bitume a vite cédé, car il n’était pas adapté aux poids lourds et à la densité du trafic. Je pense que le travail sera refait comme indiqué par le gouvernement », nous explique un habitant optimiste. En attendant, les usagers subissent le supplice.

Moussa I. Koné


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