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Politique

Sortie de l’ombre de Paul Biya :Le coup de pouce de la CEMAC

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Le 16 décembre 2024, s’est tenu à Yaoundé au Cameroun, un sommet extraordinaire de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC). Une réunion de haut niveau, qui s’est tenue en présence des dirigeants des six pays membres de l’organisation régionale que sont le Cameroun, le Tchad, le Congo Brazzaville, la Centrafrique, le Gabon et la Guinée équatoriale, ainsi qu’une délégation de haut niveau du Fonds monétaire international (FMI). Une réunion conjointement organisée par le Cameroun et la Centrafrique et qui a été aussi l’occasion pour l’hôte du jour, le président Paul Biya, de sortir de l’ombre depuis son retour au pays, après une longue absence qui avait alimenté les spéculations sur son état de santé. En effet, les rumeurs les plus folles dont certaines mêmes le donnant pour mort, avaient circulé, obligeant le gouvernement à publier des déclarations avant que des images de son retour au bercail le 21 octobre dernier, ne viennent mettre fin à la polémique. Toujours est-il que depuis lors, la santé du nonagénaire chef d’Etat camerounais reste un sujet de préoccupation pour nombre de ses compatriotes qui ne cessent de s’interroger sur sa capacité à tenir encore les rênes du pays.

Les difficultés économiques persistantes que traversent les pays de ladite région

Et quand on sait que le locataire du palais d’Etoudi, pourtant friand des grandes rencontres internationales, n’a pu participer à la dernière Assemblée générale de l’ONU tenue à New-York en fin septembre dernier, tout comme il n’était présent au sommet de la Francophonie, le 5 octobre dernier à Paris, ce sommet de Yaoundé ne pouvait pas mieux tomber pour le vieux dinosaure politique qu’il est, à l’effet de signer son retour sur la scène internationale. Et la tenue de ce sommet à Yaoundé, peut d’autant plus paraître un coup de pouce de la CEMAC au vieux pépé, qu’à en croire certaines sources diplomatiques, la rencontre devrait initialement se tenir à Bangui, la capitale de la Centrafrique dont le président, Faustin Archange Touadera, assure la présidence en exercice de ladite Communauté économique et monétaire. C’est dire si en concédant l’organisation de ce sommet régional extraordinaire au valétudinaire président camerounais, son homologue centrafricain lui rend un inestimable service. Car, au-delà de l’objet de la rencontre, ce sera l’occasion pour le maître de Yaoundé, de rassurer même les plus sceptiques de ses adversaires, sur son état de santé. De quoi rabattre le caquet si ce n’est clouer le bec à tous ses contempteurs. Pour en revenir à l’objet de cette réunion d’urgence qui mobilise les énergies des chefs d’Etat concernés et des experts du FMI, il porte sur les difficultés économiques persistantes que traversent les pays de ladite zone qui se retrouvent aujourd’hui dans une situation critique.

Améliorer les performances et préserver la stabilité économique

Et ce, au regard de l’accroissement de la dette publique qui a contribué à la fragilisation de l’économie. La question qui se pose est de savoir si le sommet de Yaoundé permettra de sauver l’économie de ladite zone. La question est d’autant plus fondée qu’au-delà des énormes difficultés que rencontrent ces pays sur le plan budgétaire, c’est la gouvernance même au sommet de l’Etat, qui ne manque pas d’interroger. D’autant plus qu’au regard de leurs ressources pétrolières et minières ainsi que des grandes richesses naturelles dont ils regorgent, ce sont des pays qui présentent un fort potentiel pour bâtir des économies fortes dans la durabilité. Mais hélas, mille fois hélas, la situation d’aujourd’hui reste fortement préoccupante pour la zone et ses partenaires financiers internationaux. C’est dire si les signaux sont au rouge, et qu’il urge pour les chefs d’Etat de la CEMAC, de trouver des alternatives visant à assainir les finances publiques, améliorer les performances et préserver la stabilité économique des pays de ladite zone. Il y va de l’intérêt de tous, et surtout de l’avenir du Franc CFA en zone CEMAC dont le spectre d’une éventuelle dévaluation fait nourrir des inquiétudes. Et ce, au regard de l’expérience de 1994 qui a été aussi brusque qu’elle était amère pour de nombreux Africains et de l’impact qu’une telle crise pourrait avoir au-delà même de la zone géographique de la CEMAC.

« Le Pays »


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