Ce 2 décembre 2024, pour la première fois, en 4 années à la tête de la nation la plus puissante du monde, Joe Biden se rend en Afrique. Le président américain entame une visite de trois jours en Angola, probablement son dernier déplacement à l’international avant de céder le pouvoir à son successeur et éternel rival, Donald Trump. « Qu’est-ce qui fait courir le vieil homme sur le continent noir, à la veille même de la fin de son mandat », pourrait-on se demander ? En Afrique, un proverbe dit que « quand on voit une vieille femme courir sous le soleil dans un champ de mil, si elle n’est pas poursuivie par quelque chose, c’est que quelque chose la poursuit ». En termes clairs, Joe Biden ne vient pas en Afrique pour un voyage de plaisance. Il s’y rend pour défendre les intérêts américains. Officiellement, il s’agit de présenter et de défendre ce que l’on peut qualifier de la plus importante de ses initiatives en faveur de l’Afrique : le projet de chemin de fer Angola-Congo-Zambie. Le développement du corridor Angola-Congo-Zambie, présenté comme une nouvelle approche dans les interventions américaines en Afrique, doit permettre aux Américains d’avoir accès aux minéraux essentiels dont regorgent les trois pays et qui sont capitaux pour l’économie américaine. Mais au-delà de ce projet, il s’agit de barrer la route aux concurrents chinois dont l’influence grandissante dans cette partie de l’Afrique, constitue une réelle menace pour l’économie américaine. Selon la presse américaine, le voyage sera aussi et enfin l’occasion de signer des « accords militaires, politiques et économiques » dans la perspective de renforcer les liens entre les Etats-Unis et l’Angola.
Ils sont nombreux les Africains à dire que c’est sur le tard que Joe Biden arrive en Afrique
Cela dit, au-delà des objectifs ponctuels de ce déplacement de Joe Biden en Afrique, le voyage du président américain peut être interprété comme la manifestation de l’intérêt qu’il a porté pour le continent. Même si lui-même, contrairement à certains de ses prédécesseurs comme Bill Clinton et Barack Obama qui se sont rendus à plusieurs reprises en Afrique, n’était jamais venu sur le continent, son administration, à travers Antony Bliken et Kamala Harris a été omniprésente. Mieux, c’est un portefeuille de près de 55 milliards exécuté à près de 80%, qui a été dédié à l’Afrique. Mais en dépit de tout, ils sont nombreux les Africains à dire que c’est sur le tard que Joe Biden arrive en Afrique comme s’il était tenaillé par le remords de n’avoir pas fait un peu plus. C’est en cela que l’on peut penser qu’il s’agit d’un voyage de rattrapage. Mais ce qui suscite le plus d’inquiétudes en Afrique, c’est surtout la suite que son successeur Donald Trump donnera aux projets qu’il vient défendre. Car, il n’est un secret pour personne que le futur locataire de la Maison Blanche se soucie de l’Afrique comme d’une guigne. Il pourrait donc balayer d’un revers de main, les ambitions démocrates pour le continent. Mais de l’avis de certains experts, cela est peu probable en raison du fait que le projet du chemin de fer entre l’Angola, le Congo et la Zambie, est rentable économiquement pour les USA et qu’il sert surtout à combattre les Chinois qui sont aussi dans le viseur de Trump.
Saho
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