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Au Tribunal- Affaire de terrain : Djak imite la signature du chef de village pour une transaction

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Djak, 41 ans révolus, vit dans une localité de la préfecture de Grand-Bassam. Dans sa communauté, le quadragénaire passe pour être le porte-voix d’une certaine jeunesse en état de frustration permanente. Une jeunesse dépitée par les agissements peu orthodoxes d’un chef de village qui ne lui accorde aucune considération. Surtout quand il s’agit de gérer de façon équitable, le patrimoine foncier de la localité. Dépité, Djak décide de « prendre ses responsabilités » : il falsifie la signature du Chef avant de l’apposer sur un document de transaction foncière. Transaction censée profiter aux jeunes du village.

L’homme n’aura pas le temps d’aller au bout de cette entreprise juteuse mais frauduleuse. Le 31 janvier 2024, il est mis aux arrêts et placé sous mandat de dépôt, à la prison civile de Grand-Bassam. Au motif que « des présomptions graves de faux et usages de faux pèsent contre lui ». Djak tomba ainsi sous le coup des articles 307, 308 et 309 du Code pénal ivoirien.

Lors de sa comparution, le 31 octobre 2024, devant le Tribunal correctionnel de Grand-Bassam, le prévenu n’est pas passé par quatre chemins pour justifier l’acte qu’il a posé. Il s’explique : « Dans le village, il y a un patrimoine foncier dont la jeunesse ne tire aucun profit. C’est regrettable, M. le Juge. Ailleurs, on distribue les parcelles de terre aux jeunes, pour qu’ils les mettent en valeur. Chez nous, les parcelles sont données à des personnes étrangères, moyennant finances. Devant cette triste situation, nous avons élaboré un projet que nous avons présenté à un promoteur immobilier. Et moi, j’ai signé à la place du chef de village. Je reconnais avoir fait du faux mais c’était dans l’intérêt de tous les jeunes du village. »

Comme pour reconnaitre qu’ « une faute avouée est à moitié pardonnée », le procureur de la République n’a plus cherché à accabler le prévenu. Il a requis contre lui, six mois de prison et 100 000 francs d’amende.

En décidant de suivre le Ministère public dans son réquisitoire, le président du Tribunal a prononcé la même peine. De sorte qu’au terme de son procès, Djak recouvra la liberté, pour avoir largement purgé la peine qui a été prononcée contre lui.

Une chronique de Mory-Frey Touré



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