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Politique

Bénin : Talon désormais face à deux oppositions

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Avec l’éclatement de l’affaire de tentative de coup d’Etat, des voix se sont élevées au sein de la famille présidentielle pour dénoncer une atteinte aux droits des prévenus. Les proches d’Olivier Boko ont semblé manifester un certain mécontentement vis – à – vis de ce qu’ils ont appelé kidnapping de leur mentor. Est-ce une façon de marquer une rupture avec la Rupture ou de prendre leur distance de ce qui a constitué leur famille politique pendant les 8 dernières années ?

Dans l’affaire tentative de coup d’Etat, Olivier Boko, le N°2 de la Rupture a été mis sous mandat de dépôt, soupçonné d’avoir voulu renverser avec d’autres proches du régime, le N°1 Patrice Talon. Au lendemain de l’éclatement de cette affaire, des proches d’Olivier Boko ont sorti un communiqué dans lequel ils ont dénoncé ce coup de force par des mots familiers à l’opposition conduite au Bénin depuis quelques années, par le parti de l’ancien président Boni Yayi, le plus grand parti d’opposition, et d’autres formations politiques.

Le mouvement OB26 a exprimé « une profonde inquiétude face à l’enlèvement injustifié d’Olivier Boko, ainsi qu’à l’interpellation de l’ancien ministre Oswald Homeky. Ces actes représentent une violation grave des droits fondamentaux et des principes de l’État de droit que nous défendons avec fermeté ». Il s’agit pour les signataires du communiqué, d’une stratégie qui a pour but « d’écarter des personnalités dont le seul manquement est d’avoir exprimé des intentions claires en vue de l’élection présidentielle de 2026 ». Cette réaction des proches d’Olivier Boko est la même qu’ont tout le temps eu les partis se réclamant de l’opposition, chaque fois qu’une affaire les a opposé au pouvoir de Talon. On se rappelle les cas Rékyath Madougou, Joël Aïvo, et plus récemment le cas Steve Amoussou.



Au regard de la similitude des propos, et sachant que Patrice Talon ne soutient pas ouvertement ou pas du tout la probable candidature de son ami Olivier Boko à l’élection de 2026, on se demande s’il s’agit d’une nouvelle branche d’opposants au régime de la Rupture. Si, pour l’instant, ceux qui se sont prononcés ouvertement ne sont pas des poids lourds ou des hauts dignitaires du système Talon, certains analystes se demandent s’ils ne sont pas encouragés à agir par des personnalités influentes de la mouvance. On sait par expérience au Bénin, qu’en fin de mandat, les dirigeants font souvent face à la dislocation de leur famille politique. Cela s’est passé avec Nicéphore Soglo, avec Mathieu Kérékou et avec Boni Yayi. Et quand cela arrive, des proches du président sortant se retrouvent du côté de l’opposition pour se repositionner dans la gestion du nouveau pouvoir. Sommes-nous dans cette situation ? Rien ne le prouve encore, mais tout porte à le croire.

Tognissè Dahandé


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