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Côte d’Ivoire. Université de Bouaké : des réactions mitigées après l’interdiction des activités de la Fesci

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Aucun étudiant dans cet amphi de l'Université Alassane Ouattara de Bouaké, le mercredi 2 octobre 2024.

Après la mort de l’étudiant Deagoué Zigui Mars Aubin, alias « Général Sorcier », membre de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), le lundi 30 septembre 2024, le Gouvernement, à travers les ministres de l’Intérieur et de la l’Enseignement supérieur, a décidé, à titre conservatoire, d’interdire toutes les activités de l’organisation estudiantine sur toute l’étendue du territoire national. Cette décision, conséquence du meurtre de l’étudiant à Abidjan, a jeté le froid sur toutes les universités, compris l’Université publique Alassane Ouattara de Bouaké, au Centre du pays.

A notre passage, pas d’animation. Les amphithéâtres sont presque vides. Il n’y a pas de cours. Est-ce dû à la situation qui prévaut actuellement ? Nous tentons d’en savoir davantage auprès de quelques étudiants que nous trouvons dans des coins de l’amphi. Il y a une très forte réticence, surtout quand ils savent que leur interlocuteur est un journaliste. Heureusement que quelques-uns se livrent, sous l’anonymat, pour parler du meurtre de l’étudiant et de la décision du Gouvernement.

« Nous, on n’avait pas cours aujourd’hui. Mais d’habitude, on se retrouve entre étudiants pour travailler. Concernant ce qui passe actuellement, mon avis est mitigé. Il y a eu mort d’homme, ce n’est pas bien. Mais de là à suspendre les activités de la Fesci, je n’approuve pas. La Fesci nous défend. Vous voyez l’amphi où nous sommes ? C'est délabré. Il n’y a même pas de matériels pour bien étudier. Si la FESCI n’est pas là, rien ne va changer », affirme un étudiant.

Il est soutenu par une condisciple. « On est dans un Etat de droit qui consacre la liberté syndicale. Je ne suis pas d’accord que la Fesci soit suspendue, même si la décision est provisoire. Et puis, le meurtre a eu lieu à Abidjan, les autres universités à l’intérieur ne devraient pas être sanctionnées pour un fait qui s’est déroulé à Abidjan. C’est injuste ».

Hors de l’université, Campus 1, le Centre régional des Œuvres universitaires (CROU-Bouaké) est juste à côté. Un étudiant, sortant de là, dit être insensible à la situation. « Moi, je suis étudiant simplement. Les histoires de Fesci, je ne m’en mêle pas du tout. Donc, pour ce qui se passe actuellement, je ne me sens pas concerné. Suspension ou pas, moi, tout m’est égal ».

« La Fesci, pour les étudiants, c'est comme un couteau à double-tranchant. C’est bon quand ils nous défendent. Mais ils emploient la violence pour régner, c’est mauvais. Donc pour savoir si je suis contre ou pour son interdiction, ma réponse, c’est à la fois les deux », a déclaré un autre.

Rappelons que depuis juin 2024, la Fesci connaît un conflit interne à répétition entre le clan du secrétaire général, Kambou Sié et celui des dissidents mené par le « Général Sorcier », finalement tué. Si le clan de ce dernier reproche à Kambou, son non-respect des textes de l’organisation relatifs aux élections des membres dans les espaces universitaires, celui de Kambou dit agir selon les mêmes textes qui admettent le consensus dans les nominations.

Moussa I. Koné


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