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Politique

Gouvernance : Les mesures draconiennes d’Oligui Nguema contre ses demi-frères

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Le président de la transition gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, a pris des mesures drastiques en destituant, le 17 juin, deux de ses demi-frères de leurs postes stratégiques. Cette décision, motivée par des comportements jugés inappropriés et embarrassants, marque un tournant significatif dans la gestion de l’administration gabonaise, visant à renforcer la rigueur et l’exemplarité au sein du gouvernement.


Les choses n’ont absolument pas pu se faire sans l’onction de Brice Clotaire Oligui Nguema himself. Dans un geste d’affirmation de son pouvoir, le président de la transition a effet laissé prendre la lourde décision d’évincer deux de ses demi-frères de postes stratégiques au sein du gouvernement et de l’armée.

Motivée par des comportements jugés inappropriés et embarrassants, la décision a été officialisée par la diffusion de deux notes de service. D’abord celle émise par Charles Mba, ministre des Comptes publics, annonçant «la suspension jusqu’à nouvel ordre» d’Aurélien Marcel Mintsa Mi Nguema, directeur général du Budget et des Finances publiques (DGBFIP). Ensuite, la note de service signée par le général Antoine Balakidra, Commandant en second de la Garde républicaine, annonçant la destitution du lieutenant-colonel Pierre Bibang Bi Nguema de son poste de commandant de la Section d’intervention spéciale (SIS), une unité d’élite du Groupe d’intervention parachutiste (GIP). Il a été remplacé par le capitaine Nguebe Tsioba qui devait prendre ses fonctions dès ce 18 juin.

Indiscipline, arrogance et je-m’en-foutisme

Outrepassant régulièrement ses prérogatives, Aurélien Mintsa Mi Nguema, auditeur de prestige issu de l’ENA de Strasbourg et de Sciences Po Paris, aurait entretenu des relations conflictuelles avec plusieurs ministres, dont son supérieur hiérarchique Charles Mba avec lequel «c’était très tendu», selon l’expression d’un haut fonctionnaire du ministère de l’Économie. «Il se prenait pour le président bis. Il disait partout être à l’origine de la nomination de Charles Mba», ajoute un autre.

Mintsa Mi Nguema a notamment organisé des conférences budgétaires, tâche réservée exclusivement au ministre des Comptes publics. Il a également entrepris une augmentation des primes des agents de la DGBFIP avant qu’il ne soit recadré, la prérogative ne lui revenant pas. Tout dernièrement, il a désigné tout seul des fonctionnaires devant prendre part au premier forum économique Gabon-France, organisé à Paris fin-mai, contournant, là également, l’imprimatur de son chef hiérarchique Charles Mba.

Connu pour son goût immodéré pour les avions privés, son besoin de reconnaissance, et une certaine arrogance, il prenait des initiatives concernant les chantiers routiers sans consulter le ministre des Travaux publics. Une inspection menée à la mi-juin dans le Woleu-Ntem avait révélé de graves manquements dans la gestion et l’exécution de ces projets. Notamment avec des passations de marchés publics importants de gré à gré.

Un signal fort

On ne se sait pas grand-chose des griefs faits au lieutenant-colonel Pierre Bibang Bi Nguema, même si la rumeur parle d’exactions financières commises dans la foulée du coup d’État du 30 août 2023. Par ailleurs, «avec son frère, Aurelien, il voulait faire nommer leur père gouverneur », soutient une source du giron familial. Selon des informations obtenues par le journal panafricain Jeune Afrique, les deux frères sont également soupçonnés d’avoir orchestré des campagnes de dénigrement violentes contre des membres du gouvernement et des personnalités du cabinet présidentiel, situation ayant conduit à l’ouverture d’une enquête.

En les écartant de la haute administration, Oligui Nguema envoie un signal fort à ceux qui prendraient des libertés avec les règles de bonne gouvernance. Au-delà de ce règlement de comptes familial, cette purge intervient à un moment charnière pour le régime. Après les premières avancées permises par la transition, le Général-Président doit désormais accélérer les réformes institutionnelles et économiques pour opérer la refondation tant attendue du pays.

En écartant ses proches au profit de la raison d’État, le président de la transition gabonaise semble décidé à reprendre la main sur un processus jugé jusqu’ici chaotique par certains leaders d’opinion.

Anne-Sophie Laborieux



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