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Politique

Guinée. Daddis Camara et Toumba Diakité retournent au Tribunal

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En Guinée, le procès du massacre du 28 septembre 2009 entre dans une nouvelle phase décisive. Après 18 mois d’audiences, le juge Ibrahima Sory 2 Tounkara a clos les débats, mardi 23 avril 2024. Place désormais aux plaidoiries et réquisitions qui démarreront le 13 mai prochain. Cette dernière étape a été précédée par les confrontations entre accusés, d’une part, entre accusés et victimes, d’autre part.


Entamé sur des chapeaux de roues le 28 septembre 2002, soit 13 ans après le massacre qui avait coûté la vie à plus de 150 civils, et fait plus de cent femmes violées, des dizaines de portés disparus ainsi que plus d’un millier de blessés, ce jugement historique entrera ainsi dans sa phase ultime avant le verdict final. Durant un an six mois, les accusés, au nombre de onze, dont l’ancien chef de la junte Moussa Dadis Camara, son ancien aide de camp Toumba Diakité, ont été longuement auditionnés.


Des témoignages déchirants


Tous les accusés ont rejeté les lourdes charges articulées contre eux. Il s’agit, entre autres, des faits présumés de "meurtres, assassinat, torture, enlèvement, séquestration, coups, blessures et violences volontaires, pillages, incendies volontaires, entrave de mesure d’assistance et de l’omission de porter secours, détention illicite de matériels de guerre de première catégorie, viol et complicité".


Des témoins de premier plan, parmi lesquels des personnalités politiques qui étaient au stade de Conakry le jour de l’horreur, se sont succédé à la barre du tribunal criminel de Dixinn. Les victimes aussi, surtout des femmes, ont fait des témoignages déchirants à la barre, parfois à huis clos.


Ce procès pénal suivi de près par la Cour pénale internationale (CPI) a été émaillé par une série d’incidents allant parfois jusqu’à l’interruption totale des débats. Le cas le plus emblématique est celui relatif aux émoluments réclamés par des avocats constitués dans le procès. Cet incident avait conduit à l’arrêt total du procès pendant un mois.


Le colonel Claude Pivi toujours en cavale



Le second cas remonte en début novembre dernier, lorsqu’un commando lourdement armé avait pris d’assaut la maison d’arrêt de Conakry où sont incarcérés les accusés et avait réussi à en extraire quatre détenus en lien avec le procès. Si Moussa Dadis Camara, les colonels Tiegboro Camara et Blaise Goumou, avaient été aussitôt rattrapés et reconduits en détention, en revanche le quatrième fugitif colonel Claude Pivi est toujours en cavale.


Le dernier incident majeur qui est très récent concerne la question relative à la requalification des faits en crimes contre l’humanité. Cette question centrale a été une véritable pomme de discorde entre le ministère public, soutenu par la partie civile, et la défense.


Malgré ces accrocs parfois très houleux entre avocats et magistrats pétris de talent, le tribunal dirigé par Ibrahima Sory 2 Tounkara a tenu « bon » et a conduit les débats avec sérénité mais aussi avec fermeté jusque-là. En Guinée, de l’avis de nombreux spécialistes du droit, le pari n’était pas gagné d’avance.


De notre correspondant à Conakry , Ben Ismaël



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