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Côte d’Ivoire / A l’abattoir (2)- Cornes et sabots: une affaire de femmes

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« On vend 1 kilo de cornes à 50 francs CFA », nous dit une jeune fille. « On fait quoi avec ? », l’ai-je interrogé. « Les gens utilisent pour faire beaucoup de choses comme les objets d’arts et de décoration. On peut écraser le sabot et la corne pour mélanger avec les aliments de poulets. C’est de la vitamine pour les poussins et ça permet de renforcer la coque des œufs de pondeuses. On fait plein de choses avec. Même les féticheurs... », s’esclaffe-t-elle. Les sacs sont remplis et prédisposés à la vente.

A côté d’elle, d’autres femmes sont occupées à récupérer les petits morceaux de chair qu’on peut trouver sur les cornes, les têtes ou la peau. Aucun petit morceau ne leur échappe. C’est un peu comme si elles pratiquaient du charognage, dans le bon sens du terme. « Notre travail consiste à récupérer les petits morceaux de viande sur les peaux ou têtes de bœuf. Souvent les bouchers ratent leur travail laissant quelques morceaux de chair sur les abats. Nous, on les coupe vite. On ne gagne pas beaucoup, mais on ne se plaint pas. On peut vendre entre 500 et 1 000 francs CFA. Souvent on en prend pour notre propre cuisine. », dit l’une d’entre elles.


« Je n’ai pas honte ! »


Elles interviennent aussi auprès des hommes dans les équipes de fumeurs de pattes de bœuf. « Les femmes travaillent avec nous aussi. Elles sont très courageuses », nous confie un jeune fumeur. Eux, ils sont plus nombreux que les femmes. Mais ici, femme ou homme, plusieurs se cachent pour venir travailler. « J’ai honte. Excusez, ne me filmez pas. », disent-il. Un autre leur lance une réplique. « Moi j’assume. Vous pouvez me filmer. Je n’ai pas menti pour dire que je travail dans un bureau. Je n’ai pas honte. Travail, c’est travail. Tant qu’on ne vole pas, c’est déjà bon », a-t-il soutenu.

Il a raison. Ces braves jeunes hommes et demoiselles n’ont pas à avoir honte de leur travail de tripiers. Les petits morceaux de viande, les pattes de bœuf, les têtes, les queues sont achetés majoritairement par des restauratrices. Elles s’en servent pour proposer des spécialités culinaires à des clients qui ne jurent que par la tête et des pattes de bœuf dans une soupe.

Moussa I. Koné

Correspondant régional



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