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Sport

Mon nom est "Stade Alassane Ouattara ".

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Lorsqu'on interroge les moteurs de recherche sur les noms officiels des six stades qui vont abriter la CAN de football du 13 janvier au 11 février 2024 en Côte d'Ivoire, une confusion surgit, concernant l'appellation du plus grand d'entre eux, dédié aux cérémonies d'ouverture et de clôture ainsi qu'aux matches de poule des Éléphants : "Stade d'Ebimpé" ou "Stade Olympique Alassane Ouattara", voire "Stade Olympique Alassane Ouattara d'Ebimpé". Étrangement, le nom du Président de la République apparaît comme une option subsidiaire, presque facultative.


Ebimpé semble s'imposer comme le nom officiel de ce joyau architectural, pourtant baptisé de l'illustre nom du Président de la République, Alassane OUATTARA.


Comment se fait-il que cette anomalie est en passe de devenir la norme ? Pourquoi persiste-t-elle ? Et qui en est le responsable ?


Rappelons que pendant sa construction, le projet fut dénommé "Stade Olympique de l'amitié ivoiro-chinoise d'Ebimpé". À son inauguration, il sera officiellement renommé "Stade Olympique Alassane Ouattara". Mais les autorités de tutelle de l'époque, pensant bien faire, y ajoutèrent "Ebimpé", du nom du village qui abrite le site, lors de la pose de l'enseigne sur le fronton de l'édifice. Le résultat fut peu brillant. Un nom surchargé : "Stade Olympique Alassane Ouattara d'Ebimpé ".


Une appellation qui perdure malgré sa complexité.


Et cela s'explique !

En premier lieu, cette situation peut être imputée à la nature humaine qui a tendance à privilégier les raccourcis. Ainsi, l'usage de "stade d'Ebimpé" s'avéra plus court donc plus simple. Malheureusement, la tendance semble s'installer durablement, en raison, notamment, d'une sorte d'indifférence, principalement des autorités en charge des infrastructures sportives. Malgré des alertes lancées, il y a deux ans, auprès du ministre en charge des Sports sur le risque de déformation, voire de perte de l'appellation d'origine, aucune action ne fut engagée. Ni sur le plan administratif, ni en matière de marketing pour fixer l'identité propre du stade Alassane Ouattara.


Du reste, dès lors que l'édifice fut inauguré et baptisé du nom du Président Alassane Ouattara, symbole du nouveau miracle ivoirien, tous les autres composants de l'ancienne identité devinrent superflus. En lieu et place du long "Stade Olympique Alassane Ouattara d'Ebimpé", nous aurions dû voir accroché sur la façade principale : "Stade Alassane OUATTARA". À l'instar des autres stades du pays, dédiés à la CAN : Stade Félix Houphouet-Boigny, Stade Charles Konan Banny, Stade Laurent Pokou, Stade Amadou Gon Coulibaly, Stade de la Paix.


La multiplicité des identifiants dans l'appellation "Stade Olympique Alassane Ouattara d'Ebimpé", la rende complexe et laisse à chacun l'occasion de choisir ses mots pour nommer le complexe sportif. Ainsi, le plus court dénominateur commun fut-il rapidement trouvé : "Stade d'Ebimpé". Un raccourci qu'empruntèrent le langage populaire, la plupart des médias nationaux et internationaux, et, de surcroît des membres du gouvernement.


De fait, l'anomalie s'imposa, au fil du temps, comme une norme tacitement admise.

Cette situation, préoccupante, devrait interpeller le Premier ministre, ministre des Sports et du Cadre de Vie, de même que tous les organismes publics en charge des Infrastructures des Sports, de la Communication institutionnelle, etc.


En vérité, elle soulève plusieurs points importants :

- À l'exception du stade Alassane Ouattara, aucun autre stade du pays, dans sa dénomination officielle, ne mentione la ville, la commune ou le village qui l'accueille.

- Le qualificatif "Olympique" se présente sur l'enseigne comme un cheveu sur la soupe. Car, en dehors de conférer un brin de mystification, quelle plus-value apporte-t-il au prestige de ce stade ? Le nouveau grand stade olympique de Diamnadio au Sénégal porte le nom "Stade Abdoulaye Wade". Le stade olympique de Saint-Denis (banlieue parisienne) fut baptisé "Stade de France". Les exemples sont légion.


Aussi, afin de traiter cette anomalie, est-il nécessaire de prendre des mesures correctives concrètes et énergiques. À quatre semaines du démarrage du rendez-vous sportif continental le plus populaire, suivi partout dans le monde, l'urgence paraît absolue.


Monsieur le Premier ministre, ministre des Sports et du cadre de vie, il est encore temps d'agir ! Autrement, après janvier 2024, il sera trop tard !


Voici donc quelques suggestions qui pourraient vous inspirer, si d'aventure vous décidiez d'inscrire la résolution de l'équation "Ebimpé-Alassane Ouattara" au nombre des ultimes diligences à exécuter d'ici janvier.


1. Faites remplacer l'enseigne actuelle par une nouvelle, portant la dénomination officielle, précise et sans fioritures : "Stade Alassane Ouattara".


2. Instruisez les ministres et organismes publics en charge de la gestion des infrastructures sportives et de la communication publique, de concevoir et de mener une campagne vigoureuse, afin de restaurer l'identité réelle de cet historique site sportif.


À partir du 13 janvier prochain, le "Stade Alassane Ouattara " entrera définitivement dans l'histoire du football africain. Une raison suffisante d'agir afin de préserver la mémoire du président de la République, qui n'a fait aucun mystère de son désir d'accueillir, en terre ivoirienne, la CAN la mieux réussie de l'histoire !


Gardez donc toutes et tous ceci à l'esprit : Je suis né sur les terres du village d'Ebimpé, dans la commune d'Anyama. Mais j'ai été baptisé du prestigieux nom du Président Alassane Ouattara. De grâce, appelez-moi aujourd'hui et pour toujours : "Stade Alassane Ouattara" !


Abdoulaye Sangaré

Journaliste, Directeur de média

Analyste politique




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