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Côte d'Ivoire | Transport : les tricycles “Saloni” prennent la route

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Si vous descendez à Tiébissou et que vous voulez rentrer chez vous en taxi, cherchez plutôt un mototaxi. Il n’y pas d’auto-taxi. Le transport commun est animé par les motos. On a les deux roues et les trois roues. Les trois roues sont appelées «Saloni», titre d’un feuilleton indien diffusé en 2010 à la télévision ivoirienne. C’est là que nombreux ont vu pour la première fois le tricycle dans le transport commun. L’engin est importé de la Chine et de l’Inde, nous dit-on. Petit à petit, il est rentré dans les modes de transport ivoirien, surtout sur les distances courtes.

A Tiébissou, au Centre de la Côte d’Ivoire, les conducteurs de Saloni sont majoritairement jeunes. Ils ont abandonné l’école, le commerce ou les travaux champêtres pour se mettre aux guidons de Saloni. Ils trouvent que c’est une activité rentable.

M. Kouadio Oumar, l’un d’entre eux, nous le confirme. « Le mototaxi avec Saloni est rentable. La recette est de 30 000 francs CFA par semaine. Si le chauffeur prend en charge la réparation mécanique en cas de panne, sa recette est fixée à 25 000 francs CFA. Le moto-taximan peut se retrouver avec 45 000 voir 60 000 francs CFA par semaine. Il fait un gain de 15 000 ou 20 000 francs par semaine. Ce n’est pas rien », déclare-t-il.

La présence des Saloni soulage les populations. Ils comblent l’absence des taxis-autos. Les voies d’accès aux quartiers de la commune sont non bitumées et parsemées de petits trous. Les populations, notamment les femmes, empruntent régulièrement Saloni. Au-dessus de l’engin, elles déposent leurs bagages. Dedans, il y a deux banquettes qui servent de places assises pour quatre personnes. « On est tranquille dedans. Pour moi, c’est une voiture. Mes bagages sont en haut. Mais actuellement, ils ont augmenté aussi leur prix », nous dit une commerçante.

Effectivement, le tarif a changé. On paie entre 300 à 500 francs CFA dans la commune. Avant l’augmentation du prix du carburant, c’était entre 100 francs et 300 francs. Autre facteur d’augmentation, c’est qu’ « on donne trop d’argent maintenant aux policiers pour circuler. On fait ça, parce qu’on n’est pas en règle », nous dit un chauffeur sans divulguer la somme. Pratiquement, aucun chauffeur de Saloni n’a le permis de conduire et l’assurance. Ils ne paient pas non plus les taxes municipales. « Si on paie tout ça, on s’en sortira pas. On vient juste pour se débrouiller en attendant un bon point de chute. », a-t-il ajouté.

Moussa I. Koné.


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