Des incursions de militaires en territoire étrangers, au sein de l’espace UEMOA commencent à attirer l’attention ici et là.. C’est du moins le sentiment que l’on ne peut s’empêcher d’avoir, au regard de tout le boucan politique qui en résulte de plus en plus.
Il peut en effet apparaitre curieux pour certaines personnes que, par deux fois, des militaires ivoiriens se soient retrouvés presque inconsciemment en territoire Burkinabé, alors qu’ils pourchassaient des individus indélicats. Ou qu’ils menaient des enquêtes. Qu’un militaire malien se soit fait interpeller, puis interrogé à Tingrela, alors qu’il vient là habituellement, acheter des produits pour approvisionner son maquis en territoire malien.
La vérité est qu’en d’autres temps, rien de tout cela n’aurait fait jaser la classe politique dans les pays limitrophes de la Côte d’Ivoire, concernés par cette situation. Et aller jusqu’à troubler la quiétude des populations des différents pays, qui n’arrêtent pas de se demander en quoi, ces faits sont-ils dangereux ou anormaux ? C’est que les allées et venues des hommes en kaki, entre la Côte d’Ivoire et ses différents pays voisins, ne sont pas des faits nouveaux. L’habitude existe depuis bien longtemps déjà, sans que cela n’ait jamais suscité la moindre méfiance ou arrestation des personnes concernées. D’excellents liens d’amitié ont ainsi été tissés entre des soldats ivoiriens et des frères d’armes des pays voisins. Dans la région de l’Indénié-Djuablin, les populations des villes d’Agnibilékrou et Niablé seraient certainement scandalisées d’apprendre que les militaires, policiers gendarmes et douaniers ivoiriens et ghanéens qui vont et viennent pour diverses raisons, devront désormais faire l’objet de stricts contrôles, de part et d’autre des deux frontières. Tant il est vrai que ces traversées des frontières par ceux-ci, relèvent d’une vieille pratique, fortement ancrée dans les habitudes des populations, depuis de nombreuses décennies déjà.
Ce faux climat de méfiance qui tente difficilement de prendre forme dans les esprits, tient sans nul doute à la phobie des régimes d’exception qui trônent dans ces Etats voisins. Avec des acteurs politiques qui voient le diable partout, autour d’eux. Pendant que leurs populations, notamment celles des zones frontalières s’emploient plutôt à ménager l’entente et les relations d’intérêts communs, qu’elles entretiennent depuis plusieurs décennies avec celles de la Côte d’Ivoire.
En plus de la frilosité infantilisante de ces militaires au pouvoir, il y a aussi cette vilaine propension qui les anime de toujours vouloir se montrer intraitables, quand il s’agit de militaires ivoiriens aperçus sur leur sol. Une façon de se faire certainement de l’esprit. De de se donner de la considération, à travers des marchandages politiques insensés et injustifiés. Mais qui, en réalité sont bien loin de troubler le sommeil des autorités ivoiriennes.
Moussa Ben Touré
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