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De la ‘’légitimité’’des coups d’état

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Ces dernières années, il s’est élevé une nouvelle race de ‘’panafricains’’ qui applaudissent à tout va chaque coup d’État qui intervient sur le continent africain. Les putschistes sont exaltés comme des héros, de Bamako à Libreville, en passant par Conakry, Ouagadougou et Niamey. Désormais, ces panafricains sont les hérauts de la démocratie des canons et des chars d’assaut !


Mais cette forme de démocratie n’a que faire des élections. Le seul critère de légitimité qui vaille est, semble-t-il, pour les usurpateurs du pouvoir, la surenchère rhétorique qui consiste à vouer la France aux gémonies. Ils se précipitent pour chasser de leur territoire l’armée française, l’ambassadeur de France, et accabler la France de tous les maux qui minent leurs pays. S’ils ne produisent pas assez de riz pour nourrir leurs populations, c’est la France qui leur aura interdit de travailler dans les champs ! S’ils sont incapables de faire des routes pour relier leurs villes entre elles depuis 63 ans d’indépendance, c’est la faute à la France. Si leur voisin fait des autoroutes, des ponts, des échangeurs et des barrages hydroélectriques, c’est parce qu’il est vendu à la France. Ne le saviez-vous pas ? Ce pays est vendu à la France ! C’est pourquoi, Kémi Séba préfère aller dormir dans l’obscurité et la chaleur à Bamako plutôt que de venir à Abidjan qui lui rappellerait Paris ou Londres, avec ses grandes voies éclairées, ses échangeurs, ses ponts et ses KFC, Burger King et McDonalds.


Pour les présidents de transition issus de putschs, il ne s’agit plus d’aller aux urnes et de battre les candidats civils à la Présidence de nos Républiques bananières. Il ne s’agit pas même d’organiser un référendum au moins pour savoir que la majorité, même relative, des citoyens de nos États, souhaite qu’il y ait un coup d’État pour dissoudre les institutions de la République et sa constitution, ainsi que l’élévation au sommet de l’État – au du moins ce qu’il en reste – d’un individu sanglé dans un treillis militaire et qui se prétend gardien des valeurs nationales. Il s’agit parfois de jeunes gens âgés de 35 à 42 ans, tous nés après 1980, qui se prennent pour des Zorros. Ils sont capitaines, lieutenants-colonels ou colonels, parfois même des généraux, qui n’ont jamais gagné la moindre bataille, mais dont la poitrine n’en est pas moins bariolée de médailles prestigieuses !


Cependant, ils ont excellé dans l’art de la manipulation des masses populaires en organisant, au pied levé, des manifestations de soutiens populaires à leur coup d’État. Des groupuscules bruyants sont ainsi mis à contribution à Niamey et ou à Ouagadougou, pour montrer à l’opinion nationale et internationale que le putschiste est issu de la volonté souveraine populaire. On veut bien, mais qu’il aille donc à une élection présidentielle régulière contre des candidats civils et que le meilleur gagne !


Pourtant, la junte qu’ils dirigent n’opère dans aucun cadre légal : c’est l’anarchie totale qui règne dans leurs pays. Or rien de bon ne sort de l’anarchie. C’est la logique de confiscation du pouvoir par le bras le plus musclé du pays. À la fin, l’histoire se répète inlassablement, car tous sont vomis à leur départ du pouvoir autant qu’ils furent applaudis à leur arrivée : Haya Sanogo au Mali ; Isaac Zida au Burkina Faso ; Guéï Robert en Côte d’Ivoire ; et bientôt Assimi Goïta au Mali et Ibrahim Traoré au Burkina Faso, Tchiani au Niger et Brice N’guéma au Gabon seront chassés du pouvoir par des meutes.


Du côté de certains opposants politiques, c’est la politique de la duplicité et de la fourberie à l’extrême. Naguère, le FPI de Laurent Gbagbo et ses affidés condamnaient journellement les tentatives de prise du pouvoir par la force des armes. Nous étions alors dans les années 2001 à 2011. Ils disaient que le pouvoir ne se prend que dans les urnes, lors d’élections régulières. À présent, leur discours a changé : ils approuvent et applaudissent tous les coups d’État, sans exception, où qu’ils se produisent dans la sous-région, et sur tout le continent africain. Ils espèrent sous cape qu’il en sera bientôt de même en Côte d’Ivoire, et que le régime de Monsieur Ouattara sera bientôt chassé de cette façon. Ils ont compris que c’est la seule façon pour eux d’espérer revenir au pouvoir d’État et de revivre dans la bombance. S’ils ont condamné les coups d’État hier lorsqu’ils étaient au pouvoir, ils les appellent à cor et à cri aujourd’hui qu’ils sont hors du palais de la République. Kémi Séba et ses activistes, les Nathalie Yamb, Pr Franklin ‘’Wakamerun’’ Nyamsi et bien d’autres affidés de Guillaume Soro embouchent cette même trompette.


Cependant, aucun coup d’État n’est légitime du moment que le nouvel homme fort n’a été sollicité ni mandaté par personne. Sa propre soif du pouvoir l’aura propulsé au-devant de la scène nationale, comme un cheveu sur la soupe. L’intimidation et la terreur, sous le regard d’aucun système de justice, le maintiennent à la tête du pays pendant des années. Certains d’entre eux exigent une transition de 5 ans et demi, soit 6 mois de plus qu’un mandat présidentiel plein, et sans référendum ni élection d’aucune sorte. S’ils sont si confiants en leur capacité à gérer la cité, qu’ils quittent leurs treillis militaires, abandonnent leurs armes, et se portent candidats aux élections présidentielles. Ils seront sans doute plébiscités dans tous les pays ouest-africains !


Dr Famahan SAMAKÉ.





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