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Côte d’Ivoire / Culture de l’ananas : La cherté de l’engrais et de la main d’œuvre plombent la relance de la production(2/2)

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Il ne suffira pas aux planteurs d’ananas d’utiliser désormais la variété MD2 très prisée sur le marché international, pour réussir à relancer sa production à Bonoua. Bien d’autres difficultés jalonnent leurs parcours. Elles partent du coût élevé de l'engrais, à la main-d'œuvre, sans oublier les tracasseries du transport. N'gatta Kouassi Rémi exploitant de 15ha d’ananas, révèle : « à cause de la cherté de la vie, le sac de 25 kilogrammes d'engrais qu'on achetait à 12000fcfa est passé tout récemment à 32000f cfa ». L’engrais représente à la fois la nourriture et le traitement de l’ananas. Pour un hectare, il faut plusieurs sacs d’engrais chaque mois. La fréquence d’utilisation des engrais dépend de l’importance de la plantation. « Il faut noter que c’est quasiment tous les mois, surtout lorsque le planteur appartient à une coopérative dont les partenaires sont exigeants » indique Mme Otchoumou, technicienne agricole.

Lire aussi : Côte d’Ivoire. Bonoua. Ananas : La variété MD2 va relancer la production après l’avoir fait chuter


La cherté de la main-d'œuvre est aussi devenue une préoccupation majeure pour tous les producteurs d’ananas. Qu’ils fassent partie d’une coopérative ou pas. En effet, le manœuvre journalier travaille de 8h à midi et perçoit la somme de 5000f. « On payait 1500f par le passé. Mais du fait de la cherté de la vie, le manœuvre journalier réclame désormais 4500f voire 5000fcfa, parce qu'il a besoin de bien se nourrir », explique Rémi N’Gatta.

Des exploitations modernes

C’est sous une pluie battante que nous nous rendons sur les parcelles des membres de la coopérative du sud comoé (Cosuco). Après une vingtaine de kilomètres parcourus sur l’axe Samo – Adiaké, nous atteignons un espace qui s’étend à perte de vue. 50ha d’ananas se dressent fièrement devant nous. « Sur cette parcelle se trouvent 10 planteurs » explique Remi N’Gatta, notre interlocuteur. Les parcelles sont segmentées, puis comportent des plaques d’identification. Les informations inscrites sur chaque plaque sont relatives au nom du propriétaire, au numéro de la parcelle, au nombre de plants se trouvant sur celle-ci. Enfin, le mois et l’année de la mise en terre des plants. Exemple : RK-1-4358-03/22 signifiant : Remi Kouassi, parcelle1, 4358 plants, mis en terre en mars 2022. Notre interlocuteur explique que « cette organisation n’est pas observable dans toutes les plantations. Au niveau de la coopérative Cosuco, nous avons l’avantage d’être encadrés par une équipe de techniciens agricoles. Donc nous sommes bien organisés », précise-t-il. Il ajoute que « toutes les étapes du traitement de la plantation sont suivies à la lettre. Et cela donne des résultats extraordinaires », réjoui-t-il.

A quelques pas de là, nous nous retrouvons à un autre endroit. Alors, Aboa Louis nous présente les plants offerts par l’Etat, pour soutenir la relance de la production. « Ceci est le Purga2. Ça part d’ici jusqu’au bout » en nous montrant une certaine limite. « C’est un appui de l’Etat », indique-t-il. « On a bénéficié de 2 hectares de rejets chacun d’abord, puis des labours ensuite ». Il poursuit en commentant ce que nous avons sous nos yeux. « Ici, en lisant la plaque, on sait que c’est la parcelle de Remi, plantée en juin 2022. C’est une petite parcelle avec 874 plants ». Puis, il apporte d’autres précisions : « Sur cette étendue, il y a plusieurs parcelles. Mais elles n’ont pas toutes été plantées le même jour. Regardez ici, il y a 3192 plants. Donc tout est identifié. Depuis sa maison, il peut vous dire combien de plants, il a sur chaque parcelle ». Parce que, précise-Aboa Louis, « Il y a une traçabilité de tout jusqu’à la récolte. Tout ce qui entre dans la production est bien suivi ». Au regard de l’étendu de l’espace, nous avons cherché à savoir ce qui occupait l’espace avant l’ananas. La réponse est claire « Il y avait de l’hévéa et des cultures diverses » , nous a répondu Rémi. Le maintien en vie de la filière est à mettre à l’actif de certains planteurs, qui n’ont jamais abandonné malgré les difficultés rencontrés maintes fois. Kramo Félix propriétaire de 10 ha d’ananas, membre de la Coopérative du Sud-Comoé (Cosuco), fait partie de ceux qui ont résisté à l’épreuve de la concurrence et du temps. « Il a toujours cru en cette filière. Il a tenu malgré les vicissitudes. Aujourd’hui, nous sommes nombreux, nous qui avons rejoint la culture de l’ananas ici à Bonoua » explique Rémi N’gatta Kouassi.

Trésor Doudou


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