publicité

Societe

Au Tribunal. Les malheurs d’Idriss, chauffeur-loueur

Publié le :

Il s’appelle A. Drissa ou Idriss pour les intimes. Il a trente ans révolus. Chauffeur de son état, Idriss réside dans la populeuse et grouillante commune d’Abobo-gare. Le véhicule de location qu’il pilote depuis un certain temps, est sa propriété. Il l’a acquis à la sueur de son front. En matière de recettes journalières, Idriss n’a de compte à rendre qu’à lui-même. Ce qui le met à l’abri de tout stress. Pour autant, Idriss apprendra à ses dépens, que même quand on conduit sa propre voiture, on n’est pas à l’abri de certains risques… dont les risques du métier de chauffeur-loueur.

Le 17 décembre 2022, Idriss va vivre une expérience amère. Ce jour-là, il reçoit la visite d’une dame prénommée Aïcha. Aïcha exerce le métier de commerçante de « produits pharmaceutiques » sur le boulevard Nangui Abrogoua d’Adjamé. Elle propose à Idriss d'aller charger des médicaments, dans un campement d’Adiaké, ville de la région du sud-Comoé, située à une centaine de kilomètres d’Abidjan. Pour ce marché, la commerçante est prête à débourser la somme de 130 000 francs. Idriss, qui estime que l’affaire est juteuse, ne se fait pas prier. Il se rend donc au lieu indiqué, pour le transport de la marchandise en question.

Malheureusement, sur le chemin du retour sur Abidjan, au niveau de Grand-Bassam, le véhicule d’Idriss percute violemment un piéton. La victime perdra malheureusement la vie, dans les instants qui suivront l’accident. C’est là que les ennuis judiciaires d’Idriss vont commencer. Cinq jours après cet accident mortel, l’infortuné est placé sous mandat de dépôt à la prison civile de Grand-Bassam, le 22 décembre 2022.

Un malheur ne vient pas seul

Le 20 avril 202, Aram Drissa dit Idriss, comparaît à l’audience du Tribunal correctionnel de Gand-Bassam, pour répondre d’abord de deux délits : défaut de maîtrise et homicide involontaire. Un malheur n’arrivant jamais seul, selon un adage populaire, deux autres délits viendront alourdir son dossier : le défaut de visite technique de son véhicule et la distribution de produits pharmaceutiques falsifiés. Si le prévenu reconnaît les délits de défaut de maîtrise, d’homicide involontaire et de défaut de visite technique, il ne reconnaît pas le quatrième délit : le transport et la distribution de produits pharmaceutiques falsifiés.

Concernant l’homicide involontaire, le prévenu a fait la déclaration suivante : « Certes, c’est mon véhicule qui a percuté le piéton mais il n’est pas mort sur le coup. C’est un autre véhicule qui l’a écrasé parce que ce chauffeur n’a pas pu l’éviter. » A l’audience, ni Aïcha la commerçante ni aucun autre témoin ne s’est présenté, pour appuyer cette version des faits, présentée par Idriss. Pour les produits pharmaceutiques falsifiés qu’il a transportés, le prévenu avoue qu’il n’en savait vraiment rien.

A la question de savoir s’il n’a pas trouvé bizarre, que des produits pharmaceutiques qui doivent se trouver dans une pharmacie, soient stockés dans un campement, le prévenu a répondu par l’affirmative. Toutefois, il regrette de n’avoir pas cherché à cerner tous les contours de cette affaire, avant de s’y engager. Interrogé également sur le défaut de visite technique de son véhicule, le prévenu visiblement à court d’arguments, s’est contenté de répondre ainsi : « Je me préparais pour aller faire la visite technique. »

Dans son réquisitoire, le représentant du Ministère public n’a pas été tendre avec Idriss. Il a requis contre lui cinq ans d’emprisonnement ferme et trois millions de francs d’amende. Faisant preuve de magnanimité et après l’avoir déclaré « non coupable de transport de produits pharmaceutiques falsifiés », le président du Tribunal a condamné le prévenu Idriss à quatre mois d’emprisonnement. En détention préventive depuis le 22 décembre 2022, Idriss sera pratiquement libéré dans les jours suivants.


Une chronique de Mory-Frey Touré


GENERATED_OK



publicité

FIL INFO

22 octobre 2026

Recouvrement des recettes publiques: Le Trésor public enregistre un taux de plus de 86 % à fin septembre 2026

22 octobre 2026

Mali : Neuf ans sans prime de recherche, les enseignants-chercheurs annoncent une grève à partir du 26 octobre

22 octobre 2026

Bill Clinton défend l’islam : « Ma fille a lu le Coran en entier à 15 ans »

22 octobre 2026

Vers un nouveau samedi de chaos en France? Habitants et commerçants se préparent à se défendre face aux émeutiers

21 octobre 2026

Élections de mi-mandat : Trump recule sur ses menaces envers Bombardier



Fanico

Michel Koffi 26 septembre 2026
Pleuvront sur lui tous les dythirambes.
Adrien Poussou 26 août 2026
Madagascar sur les traces de la Centrafrique
Nnenna Nwakanma 17 août 2026
La prise de parole sur les réseaux sociaux commence à coûter trop cher.
El Hadj Mamadou Traoré 13 août 2026
Ne jouons plus avec ces sujets relatifs à la sécurité et à la défense


publicité
publicité