Assandé Fargass, Gbizié dit Zoumana, Assirifix Armand, Doh Kanon et bien d’autres : ce sont autant d’acteurs et de comédiens de renom que le théâtre scolaire, très populaire dans les années 1980-1990, a permis de révéler au public ivoirien. Depuis 2012, le Festival national des arts et cultures en milieu scolaire (Fenacmis) a pris le relais.
Après un coup d’arrêt de 1997 à 2009, et une tentative de reprise infructueuse en 2010, le théâtre scolaire revient avec le Fenacmis. Avec l’introduction d’autres disciplines telles que la danse, le chant et l’art oratoire, ce festival a pour objectif principal d’animer les établissements scolaires, en occupant sainement les élèves.
Meité Mamadou, chef du service Arts et Cultures de la Direction de la Vie scolaire (DVS) explique : « Le Fenacmis est en train de réveiller les clubs culturels des établissements scolaires, afin qu’ils puissent reprendre leurs activités. Nous les aidons également à organiser des compétitions et à former leurs responsables ». À l’en croire, l’intérêt porté à ce festival est toujours manifeste. « Nous avons des promoteurs et des sponsors, qui nous accompagnent chaque année. Le lancement de la 12e édition du Fenacmis aura lieu en décembre 2022 à Bouaké. Pour un large écho de l’événement , nous allons renforcer la communication autour de ce festival », promet-il.
Mais la réalité est là. Le théâtre scolaire, sous sa forme actuelle, est encore loin de revêtir le dynamisme avec lequel il a rayonné au cours des années 1980- 1990. Téhé Semeda est professeur de théâtre à l’Institut national supérieur des arts et de l’animation culturelle (Insaac). Pour lui, il faut confier l’encadrement des élèves à des professionnels du théâtre, et enseigner cette discipline à l’école, au même titre que la musique et les arts plastiques. Il intéresser les élèves eux-mêmes à la pratique, comme par le passé, et conférer au théâtre toute cette qualité de grande activité animatrice et éducatrice de la vie scolaire, au profit de la communauté éducative.
Quant à l’acteur comédien Kouya Gnépa dit Gbi de fer, il estime que la forme actuelle du festival fait écran au théâtre, à cause des nombreuses disciplines qui le composent. De sorte que l’activité théâtrale telle qu’on l’a connue et appréciée autrefois n’est plus perceptible. Elle est complètement noyée, pour ainsi dire, par ces différentes disciplines. Ce qui explique, selon lui, le manque d’engouement observé autour du Fenacmis.
Des moyens et de la communication
Il y a aussi le fait que le loisir que constituait le fait d’aller au théâtre a pratiquement disparu aujourd’hui, dans nombre de familles. Les jeunes notamment préférant passer tout leur temps à naviguer sur internet, à partir de leurs smartphones. Il faut trouver les voies et moyens pour faire ré-émerger ce théâtre. Redonner le goût de sa pratique et de ses spectacles à la population scolaire nationale.
Nonobstant ce constat peu reluisant, le théâtre scolaire tente tant bien que mal de renaître . Mais, pour qu’il retrouve sa notoriété d’autrefois, il faudrait mieux l’organiser, lui donner les moyens, et communiquer davantage sur le Fenacmis. Réussir un tel pari nécessite l’apport de tous. Mais bien plus du gouvernement, à travers le ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, qui doit jeter un regard sur ce secteur, afin de trouver des mécanismes plus durables à sa prise en charge.
Boubakar Barry
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